« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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ARRESTATION DE WADE-FILS : Souleymane Jules Diop n’en jubile pas, mais reste sans pitié pour Karim Wade

Durant ses 10 ans d’exil au Canada, le célèbre journaliste et chroniqueur Souleymane Jules Diop, armé d’une langue de destruction massive, a mené un combat héroïque contre le régime du président Abdoulaye Wade. Chaque mardi, à travers sa fameuse émission « Deg-Deug », diffusée sur l’Internet, il analysait la vie politique, sociale et économique sénégalaise en perspective de la présidentielle de 2012. Avec son micro ravageur, Souleymane Jules Diop pilonnait sans répit le président Abdoulaye Wade et son fils, Karim. Les moindres erreurs politiques et malversations financières du régime de Me Wade étaient dénoncées et mises à nu par celui que ses fans appellent familièrement « Jules ». L’affaiblissement des institutions, la tentative de report de la présidentielle, les efforts de wade pour obtenir un troisième mandat malgré les dispositions défavorables de la Constitution, et la grogne sociale constituaient des signaux très forts indiquant, selon Souleymane Jules Diop, que le Sénégal se dirigeait inéluctablement vers une nouvelle alternance en 2012. De fait, pendant une dizaine d’années, il n’y a jamais eu une émission « Deg-Deug » sans que Souleymane Jules Diop alertât l’opinion sénégalaise sur une tentative de dévolution monarchique du pouvoir de père en fils. Ou sans qu’il ait dénoncé un pillage en règle des deniers publics. A l’image de la voyante Selbé Ndom dont les « visions » mettent sens dessus dessous l’ arène sénégalaise, les prédictions apocalyptiques du journaliste-chroniqueur sénégalais exilé au Canada tenaient en haleine chaque semaine le public sénégalais. Tel "Paul le poulpe", dont on disait qu’il indiquait à l’avance les résultats de la Coupe d’Europe de football, Souleymane Jules Diop avait prédit beaucoup de choses sur Karim Wade, à l’époque tout-puissant ministre du Ciel et de la Terre. Morceaux choisis : « Me Abdoulaye Wade, lui, on peut l’épargner compte tenu de son âge ! Mais Karim Wade, lui… Bilahi Walahi, il va mourir en prison ! Il va rendre des comptes au peuple sénégalais… Bilahi ! Yaguatoul (C’est pour bientôt)… Cheikh Diallo, n’en parlons pas ! Il dira d’où vient sa fortune ! » disait Souleymane Jules Diop dans « Deg-Deug » qu’il animait depuis le Canada. Avec ce fou rire qui lui est particulier, il avait aussi proclamé ceci : « Serigne Mbakhé Ndiaye a dit qu’ils iront tous en prison après la chute de Wade ! Bilahi…Serigne Mbacké Ndiaye ne savait si bien dire, ils iront tous en prison… il a raison !  » jurait Souleymane Jules Diop.
Presque deux après ces prédictions, l’actuel conseiller d’ambassade Souleymane Jules Diop, revenu de son exil dans le froid canadien avant d’être promu chef du bureau économique du Sénégal à Bruxelles, doit s’estimer, sans doute, heureux de voir que l’histoire lui donne raison. Surtout avec les arrestations de Karim Wade et de Cheikh Diallo. Des gens qui ont discuté avec lui nous rapportent que, deux jours après l’arrestation de Karim Wade, Souleymane Jules Diop leur a confié qu’il ne jubile pas, mais reste et demeure sans pitié pour le sort du fils de Wade. «  Ceux qui ont été emprisonnés doivent rendre compte au peuple sénégalais. C’est pour cela que je soutiens l’accusation et encourage la justice à aller jusqu’au bout dans la traque des biens mal acquis… » aurait déclaré Souleymane Jules Diop concernant Karim et compagnie. L’actuel chef du bureau économique du Sénégal à Bruxelles compte d’ailleurs faire prochainement une grande sortie médiatique, histoire de soutenir l’accusation liée à la traque des biens mal acquis. Souleymane Jules Diop sans pitié pour le sort de Karim Wade ? A juste raison pourrait-on dire puisque, durant ses 10 ans d’exil forcé dans les rigueurs du climat canadien, il a été traqué partout dans le monde par les faucons de la République sous l’ère Wade. Les Sénégalais se souviennent à ce propos de l’agression à la fois sauvage et barbare perpétrée par la garde rapprochée de Me Wade sur lui. C’était à Chicago où l’exilé politique avait commis le « crime » d’avoir voulu dénoncer les dérives autoritaires du régime de Wade. Inutile de vous rappeler que « Jules » avait failli alors perdre la vie entre les griffes de ses agresseurs d’Etat.
Autant de choses qui font qu’ajourd’hui, il a bien raison d’être sans pitié pour ses anciens bourreaux. Sauf que, comme dit la Bible, a tout péché, miséricorde. C’est pourquoi nous lui disons, amicalement : non , Jules, il faut savoir pardonner !
Pape NDIAYE
« Le Témoin » N° 1121 –Hebdomadaire Sénégalais ( AVRIL 2013)

Wed, 01 May 2013 11:29:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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