« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Assurance maladie, travaux d’infrastructures urbaines, 3e pont…: Attention la «photocopie» fait place à l’original

«Méfiez-vous de la photocopie ». Tel était l’un des slogans de campagne du candidat de La majorité présidentielle (Lmp), lors de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier. Le candidat Laurent Gbagbo attirait à cet effet l’attention des Ivoiriens sur leur choix entre celui qui a un programme basé sur du concret et celui dont son programme ne repose que sur du mirage. Le candidat de La majorité présidentielle n’a pas eu tort de le dire. Après le coup d’Etat de la France qui a placé au sommet de l’Etat, le candidat du Rassemblement des républicains (Rdr), Alassane Dramane Ouattara, l’on se rend compte qu’il n’a véritablement pas encore mis en route son programme de société dit «Vivre ensemble» plus de 100 jours après son investiture à Yamoussoukro. Au contraire, il est en train d’exécuter à 98% le programme de son «ennemi juré» de tous les jours, Laurent Gbagbo. Les exemples sont légion. C’est le cas du Puiur (Programme d’urgences d’infrastructures urbaines) dans lequel la Banque mondiale a accordé un don de 75 milliards de Fcfa au régime de Laurent Gbagbo. Ce don devrait permettre la réalisation de plusieurs projets dont, le pont qui relie la 7e et la 9e tranche, la réhabilitation des voies dans tout le District d’Abidjan, la réhabilitation du réseau d’assainissement d’eau, les travaux de l’autoroute Singrobo-Yamoussoukro, le pont piéton reliant le quartier Bracodi-bar à Williamsville, la route zoo-Abobo-Adjamé. Tous ces projets ont connu un démarrage effectif. Il y a également la réalisation de l’échangeur de la Riviera 2 et de ses nombreuses bretelles. Il y a surtout la réalisation du 3e pont d’Abidjan devant relier Marcory à la Riviera 2.

Les enveloppes des projets négociées par Gbagbo

Dont, Ouattara vient de faire le lancement des travaux. Le financement de ce projet a été bouclé sous Laurent Gbagbo et non par Ouattara comme veulent le faire croire certaines personnes. Ce pont n’était plus d’actualité en 2000, lorsque Laurent Gbagbo accédait à la magistrature suprême. Car, beaucoup d’entreprises qui faisaient partie du consortium dirigé par le groupe français Bouygues, concessionnaire, s’étaient retirées à cause du coup d’Etat du 24 décembre 1999. Il a fallu donc Laurent Gbagbo pour dépoussiérer ce dossier rangé dans les placards du Bureau national d’étude technique et de développement (Bnetd) pour en faire un projet majeur. Ahoua Don Mello, Directeur général de cette structure et son équipe et les différents ministres à charge de la réalisation de ce chef dont Patrick Achi, actuel ministre des Infrastructures économiques qui veut effacer ce pan de l’histoire, ont effectué plusieurs missions à travers le monde entier pour convaincre ces opérateurs afin qu’ils reviennent. C’est ce qui a été fait. C’est parce qu’un travail a été fait au préalable que les travaux vont démarrer. Sinon, Patrich Achi, le ministre de Ouattara sait qu’en moins de 100 jours le financement d’une telle opération d’un montant de 125 milliards de Fcfa ne peut se réaliser.

Il en est de même pour le pont de Jacqueville. Ce projet était également dans les cartons. Il a fallu le même Laurent Gbagbo pour le ressusciter. C’est encore sous le régime de Laurent Gbagbo que le financement a été bouclé et que les travaux ont connu un début d’exécution. Ce sont donc ces différents projets que le «père» du «Vivre ensemble» est en train de mettre en route. Il a trouvé ces financements là. En réalité, depuis sa prise de pouvoir avec l’aide des puissances occidentales dont la France et les Etats Unis, Alassane Dramane Ouattara n’a semé que du vent à la population. Car, il n’a pas démarré un projet comparable à ceux entamés par le Président Laurent Gbagbo. Ses seules actions qu’on peut lui attribuer depuis son arrivée au pouvoir ne sont que des actions de démolition.

En effet, sa première action d’éclat est la fermeture des universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé. Mettant ainsi, à la rue les milliers d’étudiants. L’autre action non des moindres du nouvel homme fort d’Abidjan, c’est la démolition des maquis d’Abidjan et autres petits commerces tant à Abidjan qu’à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Cette dernière action a grossi le nombre des chômeurs que l’homme voulait réduire dès sa prise de fonction. Il y a aussi le déguerpissement de certaines populations sans que le moindre démarrage de son opération immobilière de plusieurs milliers de logements par an ne soit mis en route.

Ouattara ne fait que profiter

Ce qu’on peut mettre à l’actif du nouvel fort, c’est d’avoir transformé la Côte d’Ivoire en un Far-West. Car, il ne passe pas de jour sans que les éléments de Ouattara, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ne commettent un acte ignoble dans l’impunité totale. Car, ici, ce sont eux qui font la loi. Ces actes sont si fréquents que les ivoiriens se demandent si c’est cela «la solution» et la politique du «vivre ensemble» qui sont en train d’être réalisées. Les hélicoptères promis par le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko pour la surveillance aérienne sur l’ensemble du territoire national ne sont pas encore arrivés. On attend toujours. Le racket, n’en parlons pas. Il se pratique à un rythme effréné. A telle enseigne que les populations pensent que c’est «la solution» de la solution à leurs problèmes». Car, il est su de tous. Ses acteurs ne sont nullement inquiétés. Les quelques rares actions faites ici et là n’ont pas encore porté leurs fruits. Que dire les soins de santé publique promis à la population. Il n’en est rien. En réalité, c’est la pale copie de l’Assurance maladie universelle (Amu) du Président Laurent Gbagbo que le nouvel homme fort d’Abidjan et son ministre de la Santé ont décidé de mettre rapidement en place, sans qu’aucune disposition ne soit prise. Résultat : On assiste à des vols de médicaments.

Plus grave, la soldatesque de Ouattara s’est invitée dans le débat. Les médecins et le personnel ne disent pas le contraire. Eux, qui sont chaque fois bastonnés par ces derniers. Qui, ne se souvient pas de la bastonnade et des humiliations que le corps médical a subies dans les différents Centres hospitaliers universitaires (CHU) et des Centres hospitaliers régionaux (CHR) du pays?

Pour le moment, les Ivoiriens vivent dans l’insécurité totale

Dans le monde agricole, c’est la grande désolation. Les paysans, qui, dans un passé récent vantaient la culture de la terre sont en proie à une grande désolation. Le kilogramme du cacao qui se négociait entre 750 et 950 Fcfa (le prix fixé à 1100 Fcfa), se retrouvent aujourd’hui avec 150 ou 250 Fcfa le kilogramme de cacao selon la région de production. Ces derniers sont tellement déçus du père de «La solution» qu’ils ont envie de faire d’autres cultures plus rentables. Au niveau des finances publiques, c’est la grande désolation. Les «pluies de milliards» ou les «bateaux de milliards» annoncés dans l’euphorie ne sont que du vent. En tout cas, les Ivoiriens n’ont pas encore vu la pluie de milliards. Ils attendent toujours. Toutes les opérations se font à crédit. Parce que l’argent se fait rare. Plus graves, les caisses sont sèches. Les citoyens qui ont leurs comptes domiciliés dans certains établissements financiers, ne diront pas le contraire. Au début du mois de septembre, ces derniers ont été surpris d’entendre que ces banques manquaient la liquidité. Ce qui n’a jamais été le cas, sous Laurent Gbagbo.

Joseph Atoumgbré in Le Temps

attjoseph@yahoo.fr

Tue, 13 Sep 2011 04:10:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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