« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Attaques repetées : Ces mystérieux commandos qui défient la République

Quelques jours plus tôt, soit le 26 juin, c’est un convoi de gendarmes qui essuyait des tirs de la part d’inconnus, sur la route de Dabou. Une dizaine de jours auparavant, soit dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 juin, d’autres agresseurs ouvraient le feu sur deux véhicules dans la région de Duékoué, tuant sur le coup le chauffeur de l’un des véhicules. Une semaine plus tôt, précisément le 5 juin dernier, c’est un car transportant une équipe de football qui a été mitraillé dans le département de Bangolo. Bilan : 1 mort, 23 blessés. Dans la même période, des hommes armés ont attaqué un véhicule en partance pour Bouaké. Ça fait trop. Que cachent donc ces agressions à répétition ? Qui se cache derrière ces bandes armées qui font la loi sur nos routes ? Aucune enquête, à ce jour, n’a permis de situer l’opinion sur l’identité de ces hommes armés.

Il nous revient cependant que ces attaques à la kalachnikov et autres armes de guerre sont le fait d’ex-combattants qui ont trouvé en ces pratiques, le moyen de se faire entendre. En effet, il y a quelques mois, une traque aux mêmes individus armés, sur l’axe Katiola-Dabakala, avait permis de mettre le grappin sur des éleveurs qui s’étaient reconvertis au braquage de véhicules sur les routes. Ceux-ci avaient tout abandonné pour s’engager aux côtés des forces militaires pendant les deux guerres qu’a connues le pays.

Mais, depuis le retour à la normalité, ils peinent à trouver les ressources pour relancer leurs activités d’éleveur. A défaut de bénéficier d’un soutien financier ou matériel de l’État, ils ont décidé de se constituer un fonds de commerce…sur la route. Ceux qui, tapis dans les buissons, ouvrent le feu de l’Ouest au Nord ou encore au Centre, ne sont en rien différents de ces éleveurs qui ont été habitués au maniement des armes pendant les deux guerres. Se sentant laissés pour compte, ces ex-combattants ont décidé d’user de leurs armes pour faire mal, tout en se constituant un butin susceptible de favoriser leur réinsertion sociale. Las d’attendre les différents programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion, ils ont choisi de jouer les pirates sur nos routes. C’est leur façon à eux de se réinsérer dans le tissu social, ironise un observateur.
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Fri, 05 Jul 2013 06:39:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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