Ils ont trop parlé ? Peut-être ! En tout cas, ils gagneraient à se faire de plus en plus discrets, notre ministre de la sécurité intérieure et celui délégué à la Défense. Et passer à présent à la mise en ouvre des bombes qu’ils ont promis de faire pleuvoir sur les têtes des individus non encore identifiés qui attaquent les positions des Frci avec une facilité déconcertante.
Et cela s’est encore vérifié dans la nuit de dimanche à lundi, avec trois opérations menées dans trois lieux différents par des individus toujours non identifiés. Lesquels, pendant des minutes, ont eu accès à la Centrale thermique d’Azito, y ont fait ce qu’ils voulaient, avant de se retirer dit-on, à la vue des renforts des Frci qui arrivaient dit-on encore, au pas de course.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le simple fait pour des individus armés (une trentaine), tous habillés dans des tenues de gendarmes, de traverser cette commune de Yopougon pour aller occuper un lieu aussi stratégique que la Centrale thermique d’Azito est en soi, une immense honte pour les sécurocrates de ce pays. Pourtant, dans cette commune réputée trop favorable à l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, il est impossible, la nuit tombée, de parcourir un mètre sans tomber sur des éléments des Frci. Armés jusqu’aux dents. Comment se fait-il donc que malgré cela, une trentaine d’individus armés ait pu débarquer aux portes de la Centrale thermique d’Azito, pour maitriser les deux vigiles qui y étaient avant de s’y reposer pendant un temps voulu, pour se retirer, soi-disant à la vue des renforts des Frci qui arrivaient à la vitesse du pape Benoit XVI ?
Comme d’habitude, on annonce des arrestations et des ratissages qui seraient encore en cours. Le ministre délégué à la Défense n’a pas perdu de temps pour s’exprimer devant les micros de l’AFP.
Dans la même nuit, deux autres attaques presque coordonnées, ont eu lieu à Bonoua et à Samo. Où un commissariat et une brigade de gendarmerie ont été attaqués. Et les assaillants, d’après des sources citées par des médias internationaux, ont réussi à emporter des armes.
Et tout ça se passe dans un pays où le ministre de l’Intérieur déclarait il n’y a pas longtemps : « Les Ivoiriens ne sont pas en danger et ils ne doivent pas avoir peur. Les Ivoiriens peuvent rester sereins et avoir une pleine confiance en leurs dirigeants, au gouvernement, au président de la République, qui suivent toutes ces questions avec la plus grande attention ». En effet ! Pour preuve, regardez le résultat sur le terrain.
Sabine KOUAKOU in L’Eléphant Déchaîné