« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Attention au syndrome brazzavillois


Le pouvoir de Dramane Ouattara est en passe de donner une fonction officielle aux chasseurs traditionnels Dozos, s’il ne l’a pas déjà fait à travers la nomination de Koné Zakaria en qualité de chef de la police militaire. Dans une interview qu’il a accordée hier, à un confrère de la place, Dosso Sory, le Président de la Fédération Nationale des Confréries Dozos de Côte d’Ivoire (FENACODO-CI) nous donne l’ampleur de leur intégration dans le système sécuritaire de Dramane Ouattara. «C’est depuis seulement un an que nous sommes constitués légalement (…) à ce jour, nous avons identifié plus de 10 000 dozos. Nous avons créé la Sécurité Nouvelle et Intervention Rapide (SNIR)… les policiers et les gendarmes ne peuvent pas être partout. Sur ce plan nous pouvons aider parce que nous sommes plus présents partout à l’intérieur ». Bien avant cette interview, Le Patriote du 11 février dernier nous rapporte l’injonction à eux faite par le patron de la police militaire de Ouattara de mettre fin aux activités des coupeurs de route. Une mission dont les contours restent aussi flous que les motivations qui animent le gouvernement. Quand on se souvient de la réputation sulfureuse des milices tribales au Rwanda, au Congo Kinshasa, à Brazzaville, tout près de nous, au Liberia et en Sierra Leone… le bon sens voudrait qu’on prenne un peu de recul avec cette question de Dozo. Soit on se décide à construire un Etat moderne en se dotant d’une armée véritablement nationale, soit on n’a pas fini, avec la logique de la rébellion et on prépare les esprits à une guerre tribale. Le ‘’dozoya’’ relève de la culture mandingue, l’une des nombreuses cultures dont regorge la Côte d’Ivoire et il est à l’évidence, maladroit de vouloir créer un corps de police sur une base tribale dans un Etat qui se veut moderne. On ne demandera pas aux dozos de ne pas s’organiser à travers des structures reconnues par l’Etat, mais de quel droit devraient-ils assurer la police dans les régions où on ne les reconnaît pas comme investis de ce pouvoir ?



Joseph Marat

Sun, 19 Feb 2012 01:28:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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