« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Opinions

Au nom de la réconciliation

Nous assistons, lisons, entendons depuis quelques temps que rien ne va (tout va mal ?) au sein du parti politique créé par Laurent GBAGBO KOUDOU et quelques ami(e)s : la Front Populaire Ivoirien (FPI). Encore ces dernières semaines, il revient de plus en plus que la discorde s’est installée en leur sein et qu’une solution pérenne aurait été trouvée.
Au nom de la réconciliation, le président de ce parti aurait décidé d’intégrer ses représentants dans la Commission Electorale Indépendante (sous certaines conditions !). Certains pensent que cela est une compromission voire de la prostitution politique, idéologique. Le faisant, le président AFFI penserait il permettre au FPI de se racheter une conduite aux yeux du peuple ivoirien, évitant ainsi de passer pour l’obstacle à la paix ?
Aujourd’hui, ce parti est privé de Laurent GBAGBO son chef historique, emblématique. Ses responsables sont emprisonnés ou en liberté provisoire, d’autres sont en fuite à l’étranger, dépossédés de leurs biens, privés de ce qui fait leur dignité. Le FPI est privé de son indépendance politique, et avec lui une partie du peuple qui se reconnait dans ses idéaux. Il ne peut plus s’exprimer dans certaines parties du territoire ivoirien et ses représentations locales sont réduites à leur simple expression et sans moyens de fonctionner : c’est un exil intérieur et extérieur que vit cette formation politique et ses partisans.
Cette situation devrait à mon avis constituer pour le FPI le moment de se tourner vers lui-même, faire le bilan de ses dix années de gestion du pays, de son fonctionnement interne, ses relations avec les autres partis politiques et les ivoiriens.
Défendre son chef devrait être l’unique priorité de ce parti. Le FPI ne devrait pas s’associer à la gestion du pays avec le pouvoir actuel (non par rancœur ni par jalousie). Le Front Populaire Ivoirien doit accepter de rester pour longtemps « sans se prostituer et sans se donner à aucun autre parti, aucun autre pouvoir ».
Les responsables du FPI ne devront pas courir après « les gâteaux de raisins » et une idéologie autre que celle dans laquelle et pour laquelle le peuple ivoirien a toujours été avec ce parti.
Aussi le peuple lui exprimera-t-il son amour indéfectible dans la suite des temps, et le fera bénéficier de sa bonté.

Wed, 13 Aug 2014 19:01:45 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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