« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

AU SUJET DU PROCÈS DES PRO-GBAGBO – Affoussiata Bamba, porte-parole adjointe du gouvernement : « Il s’agit d’un procès politique »

Le président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, avait indiqué que le procès en assises des pro-Gbagbo est un procès politique visant à écarter des adversaires politiques.
Ses propos ont été confirmés, hier (mercredi-ndlr), par la porte-parole adjointe du gouvernement Ouattara au sortir du conseil des ministres.
Justifiant le report dudit procès décidé par le gouvernement, Affoussiata Bamba-Lamine, ministre de la Communication et porte-parole adjointe du gouvernement, a été sans équivoque face à la presse « (…) Vous savez que c’est quand même un procès politique. En plus du droit, c’est aussi l’aspect politique qu’il faut regarder », a-t-elle déclaré devant des journalistes médusés. « Je suis bien heureuse de constater qu’effectivement vous savez que le juré a été récusé par la partie adverse et non pas par le procureur. Alors, nous ne nous laissons pas du tout manipuler. Mais, il faut savoir que le politique est important, il faut en tenir compte », a-t-
elle insisté. Car, selon elle, tout se passe dans «un environnement » que nul ne doit ignorer.
« D’ailleurs, vous avez posé la question à savoir pourquoi le procès retardait, c’est parce que justement l’aspect judiciaire n’était pas solide », a ajouté la porte-parole adjointe du gouvernement comme pour enfoncer le clou.
« Je pense que si vous saviez que la procédure avait été respectée, à la limite la question n’aurait même pas dû être posée, si elle a été posée, c’est bien parce qu’il s’agit procès politique », a-t-elle conclu pour bien indiqué qu’elle sait de quoi elle parle.
Tout est donc désormais clair dans les esprits. Le gouvernement Ouattara reconnaît enfin lui-même que le procès en assises des pro-Gbagbo n’a rien à voir avec le droit.
Qu’il s’agit bel et bien d’une action politique qui vise à éliminer des adversaires politiques les plus craints de toute compétition politique. Les juges commis à la tâche savent désormais que Ouattara veut se servir d’eux pour éliminer des adversaires politiques. Exactement comme il veut se servir de la Cour pénale internationale (Cpi) pour «tuer» politiquement le président Gbagbo et Charles Blé Goudé. Comme l’avait d’ailleurs affirmé Charles Blé Goudé lors de sa dernière comparution le 2 octobre.
La question qu’on est dès lors en droit de se poser est celle de savoir si des magistrats ivoiriens vont se faire complices d’une telle action inique voulue par des hommes qui ne sont au pouvoir que pour un temps.
En tout état de cause, si, comme le disait le philosophe allemand Friedrich Hegel, l’histoire est le tribunal des hommes, le souci de chacun de nous devrait être d’aller devant ce tribunal la conscience tranquille.
Les magistrats sont ainsi face à leurs responsabilités historiques.

BOGA Sivori
bogasivo@yahoo.fr
In Notre Voie

Fri, 24 Oct 2014 07:46:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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