Guillaume Soro Kigbafori, chef de l’ex-rébellion armée pro-Ouattara et actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, a été reçu en audience, le lundi 02 juillet 2012, à 15h à l’Hôtel de Lassay (Paris), par Claude Bartolone, président du Parlement français. Cette rencontre a suscité de vives protestations dans l’hexagone au sein de la diaspora africaine mais également au niveau des Français. Denis Pryen, le Président Directeur Général de la célèbre maison d’édition, l’Harmattan, figure au nombre des Français fortement indignés de cette audience de Bartolone à Soro. Dans un courrier daté du 9 juillet 2012, dont nous avons pu obtenir copie, M. Pryen exprime sans fioritures son exaspération à M. Bartolone au sujet de cette rencontre. « C’est avec consternation que j’ai constaté que vous avez reçu en audience, le lundi 2 juillet dernier, M. Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Ma peine est d’autant plus grande que votre action me semble associer l’image de notre pays, la France, à celle d’une personne sur qui pèsent de graves soupçons de crimes contre l’humanité en sa qualité de chef de l’exrébellion ivoirienne », a écrit le PDG des Editions l’Harmattan à Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale française. Tout en qualifiant M. Soro de « génocidaire présumé », Denis Pryen a ouvert une lucarne sur le déficit de légitimité dont souffre le régime Ouattara. « De surcroît, vous recevez un génocidaire présumé au moment où notre pays est fortement soupçonné d’avoir contribué à l’installation de M. Alassane Ouattara dont la légitimité reste encore problématique avec le procès pendant de son adversaire, Laurent Gbagbo, à la Cour Pénale Internationale », ditil au président du Parlement français à ce propos. Avant de lui demander des explications d’autant que, précise le PDG des Editions l’Harmattan, « le peuple Français que vous incarnez a le droit d’être informé de son intérêt dans vos actions ». C’est à juste titre que Denis Pryen a demandé à Claude Bartolone de l’éclairer ainsi que l’opinion française « sur les enjeux d’une telle réception dans le contexte politique actuel ».
Didier Depry in Notre Voie
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