Faure Gnassingbé a succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma qui a dirigé, d’une main de fer, le Togo, pendant 38 ans. De même, Ali Bongo Ondimba a remplacé son géniteur, Omar Bongo Ondimba, «monarque» au Gabon durant 42 ans. Alors qu’on la croyait révolue, la transmission du pouvoir de père en fils est de plus en plus monnaie courante en Afrique. En effet, face aux pressions, nombreux sont les chefs d’Etat africains qui ont tendance à léguer le pouvoir, à leurs fils. Cela leur permet, quand ils sont encore en vie, de continuer d’exercer un contrôle sur la gestion de l’Etat. C’est exactement dans cette optique que s’est lancé Me Abdoulaye Wade, en tentant de briguer un troisième mandat. A 86 ans, il est clair qu’il était «handicapé» pour présider aux destinées des Sénégalais, pour les sept années à venir. Mais Wade s’est entêté afin de garantir le pouvoir à son fils, Karim Wade. Alors que la loi fondamentale empêchait un troisième mandat, il est passé outre cette disposition. Aussi le peuple sénégalais, l’opposition et la société civile ont-ils levé le bouclier pour dénoncer un coup d’Etat constitutionnel. Plusieurs manifestations ont été organisées, mais elles ont été violemment dispersées par le pouvoir Wade. Quatre morts ont été dénombrés ainsi que de nombreux dégâts matériels. Wade a franchi ce cap, grâce à la violence. Après la tenue du premier tour du scrutin qui se présentait comme un revers pour l’opposition, le peuple sénégalais n’a pas abdiqué. Il a fait bloc derrière Macky Sall, dans les urnes, le 25 mars dernier. Et Abdoulaye Wade a échoué. Les Sénégalais ont démontré là que seule la lutte paie. Et pour triompher, il faut lutter jusqu’au bout.
César Ebrokié in Notre Voie
(ebrokie2@yahoo.fr)