« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Azawad : une guerre sans raison !

La guerre qui vient d’éclater dans l’Azawad est dangereuse pour toute la région sahélienne, le Mali en tète. Et pour cause ses auteurs ont omis de prendre en considération les multiples réalités du terrain. Car, présenter le problème Nord malien sous un aspect terroriste c’est faire l’économie d’une étude approfondie de la question.
Cependant, l’incompréhension de la situation n’est pas en soi l’élément le plus inquiétant. Ce qui l’est par contre c’est la mauvaise foi apparente avec laquelle la France a engagé les hostilités.
En fait faire croire que la France a réagi à l’attaque d’Ansar dinne et ses alliés conte la capitale Bamako est tout simplement une duperie. Pas besoin, en effet, d’être un fin stratège pour comprendre que les derniers se sont empressés de prendre la ville de Mopti uniquement en réaction aux premières prémices d’un débarquement de l’armée française dans l’aéroport de la ville qui, rappelons-le, est la porte grande ouverte sur tout le Nord malien. Et puis dire au monde qu’une seule colonne se dirige vers une Capitale pour l’occuper est militairement ridicule.
Que signifie donc cette communication à l’emporte pièce? Si elle a un sens, ce serait sans aucun doute que la France a simplement choisi son camp dans la crise malienne. Ce qui n’ajoute que de la complication à la crise existante. Le problème, le vrai, reste, lui, entier. Dès lors aucune solution durable n’est à espérer de cette action ou du moins de sa forme actuelle.
Bombarder le Nord, ne signifie pas le vaincre militairement. Pour cela il faudra d’abord mettre pied par terre et à ce moment-ci, les assaillants subiront une résistance farouche à la quelle bon nombre d’entre eux ne sont pas préparés. Surtout, ceux issus de ces armées-milices formées et entrainées uniquement pour usurper le pouvoir ou maltraiter les civils à l’instar de ce qui se passe dans les pays africains.
Et même en cas de défaite, une nouvelle génération encore plus radicale et plus revendicative prendra le relais quelques années plus tard avec plus de véhémence et de haine.
La vérité c’est que cette crise est à fragmentation. Autrement dit, elle engendre son lot des petites crises qui lui sont propres. C’est ainsi que, dans le Nord, le séparatisme Touarègue a engendré le terrorisme d’Aqmi. De même, la faillite de l’Etat malien a donné, elle, ces putschistes plus aptes à lyncher leur président que de défendre une position sur le terrain. En un mot comme en cent c’est un problème alambiqué comme des poupées russes. Impossible donc d’accéder à l’une sans passer par celle qui l’a générée.
Et malheureusement, la France semble décidée, naïvement ou à dessein, à s’attaquer au terrorisme sans traiter la question du séparatisme touarègue : ses causes, ses solutions et ses finalités. Pis, elle s’allie à une armée malienne dont elle ne connait point le donneur d’ordre. Est-il le chef de bande de Kati ou le président aux côtes cassées de Koulouba?
C’est dire combien la terre malienne risque de se voir déverser des torrents de sang de ce peuple frère, voisin et ami.
En somme, ceux qui-Français-Maliens ou étrangers-vont aujourd’hui à l’assaut du Nord mali en récitant leur catéchisme nationaliste ou droit de l’hommiste s’enliseront vite dans les sables mouvants d’un Azawad rompu, lui, aux pires bréviaires de la dissension et de la déchirure.

Cide alterinfo

Thu, 17 Jan 2013 23:25:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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