LE CAMOUFLET DE BAYROU
Selon Dominique Reynié, "il n’y avait pas dans le débat un François Hollande en grande difficulté et, comme il est le favori, le débat a plutôt consolidé sa position".
Christian Delporte, spécialiste de l’histoire des médias, déclare quant à lui le socialiste vainqueur "aux points".
"Dans un débat d’entre-deux-tours, il n’y a jamais un grand vainqueur et un grand vaincu. Quand on gagne, on gagne aux points, on gagne sur une impression, c’est un choc de personnalités", a-t-il déclaré à Reuters, ajoutant que la "révélation" Hollande avait jeté "le trouble" à l’UMP.
Nicolas Sarkozy, qui a conclu le débat mercredi en lançant un appel aux électeurs qui ont voté au premier tour pour la candidate du Front national Marine Le Pen (17,9%), le centriste François Bayrou (9,1%) et les indécis, n’a guère été conforté par les déclarations des éliminés du premier tour.
Mais il a été déçu par François Bayrou.
"Je ne veux pas voter blanc, cela serait de l’indécision et dans ces circonstances, l’indécision est impossible. Reste le vote pour François Hollande, c’est le choix que je fais", a déclaré le président du Mouvement Démocrate lors d’une déclaration à son siège de campagne, à Paris.
Le dirigeant centriste a précisé qu’il laissait libres ses électeurs de voter pour le candidat socialiste ou le président sortant Nicolas Sarkozy dimanche prochain.
Il s’est livré à une charge virulente contre Nicolas Sarkozy, lui reprochant la "violence" de sa stratégie d’entre-deux-tours et sa "course-poursuite" à l’extrême droite.
LE PEN PRÉPARE LES LÉGISLATIVES
François Bayrou avait déclaré qu’il prendrait ses "responsabilités". En 2007, il avait refusé de se prononcer entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal et avait voté blanc.
Marine Le Pen, qui a annoncé mardi dernier qu’elle voterait blanc, est déjà en pleine préparation des législatives de juin qui, prédit-elle, verront l’implosion de l’UMP à son profit après la défaite de Nicolas Sarkozy due, selon elle, à son refus de nouer des alliances avec le Front national.
"Il remerciera ses amis de l’UMP qui l’auront empêché d’avoir le moindre espoir de gagner", a-t-elle dit à Reuters.
Les deux finalistes ont quant à eux jeté leurs dernières forces dans la bataille lors de grands meetings en province.
Nicolas Sarkozy a choisi Toulon, l’une des quatre villes de France à avoir été gérées par le Front national, où il a appelé à battre la gauche qui, selon lui, mènerait le pays à la ruine en raison des dépenses inconsidérées prévues par son programme.
François Hollande était lui sur des terres socialistes, à Toulouse, où il a galvanisé une foule de plus de 25.000 personnes sur la place du Capitole.
"De nouveau, la gauche est là, prête à diriger le pays", a-t-il dit en mettant en garde contre la tentation de la démobilisation qui naîtrait des bons sondages en sa faveur. "Rien n’est fait, rien n’est acquis, rien n’est conquis."
Reuters
Fri, 04 May 2012 10:45:00 +0200
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