« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Besoin de se sentir aimé

Alassane Dramane Ouattara est aujourd’hui dans la ville de Bouaké sur invitation du groupe Olam pour l’inauguration de l’usine de traitement de la noix de cajou situé sur l’axe routier Bouaké-M’Bahiakro. Un événement qui aurait pu être banal si Dramane nous avait habitués à autre chose qu’à des voyages hors du pays. La preuve, le préfet de région, monsieur Konin Aka ne veut pas rater l’occasion de transformer ce déplacement de Dramane Ouattara pour le compte d’une structure privée, en une visite d’Etat. Il a multiplié les réunions pour demander aux populations de réserver un accueil chaleureux à Dramane Ouattara. En vérité, le chef de l’Etat a actuellement besoin de se ressourcer au milieu d’une foule acquise à sa cause. Il lui faut des inconditionnels pour l’applaudir malgré les déboires politiques qu’il brasse depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir ivoirien. Le pays est politiquement bloqué. Le processus de réconciliation est au point mort et lui-même peine à refaire son gouvernement selon le desideratum de ses soutiens occidentaux. N’eut été la nocivité de son système de répression, Le front social aurait déjà flambé à cause des vagues de licenciements dans des entreprises qui se portaient relativement bien avant son arrivée. Sur le plan économique, les Ivoiriens attendent toujours les pluies de milliards. Toutes ses promenades ne font que reculer les échéances des bailleurs de fonds qui apparemment n’ont pas confiance en un régime désarticulé. Nous comprenons donc que face à tous ces échecs, Ouattara ne veuille pas rater une seule occasion de jauger son niveau de popularité. Seulement, il le fait dans une localité où son triomphe sera sans gloire. On l’y attend de toutes les façons pour l’applaudir à tue-tête. Ce déplacement à Bouaké sera donc un non événement parce que ce ne sera pas cela, pour un chef d’Etat, être auprès de son peuple. On se demande toujours pourquoi, sans trompette ni fanfare, il ne s’est pas encore rendu à Duékoué, à Vavoua, à Sikensi, à Bonoua, à Abengourou, à Arrah, à Taï auprès des victimes de son système.



Joseph Marat

Thu, 23 Feb 2012 04:03:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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