L’humour, par définition, est une forme d’esprit railleuse qui s’attache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspect de la réalité. L’humour est aussi un moyen d’expression. Il fut un temps ou les humoristes ivoiriens avaient volé la vedette aux chanteurs.
En pleine crise militaro-politique, les Ivoiriens avaient besoin de s’évader par le rire pour oublier leur malheur. Ce sont les humoristes qui avaient du succès. Les chanteurs n’avaient plus voix au chapitre, incapables qu’ils étaient de remplir les salles de spectacle. Les humoristes se frottaient les mains, ils n’avaient pas d’adversaires sur le terrain.
En ce moment-là, les humoristes rivalisaient d’imagination. En effet, Adama Dahico, Chuken Pat, Le Magnifik, Agalawal, Bamba Bakary, Manan Kampess, Djimmy Danger règnaient en maitres absolus sur le show-biz ivoirien. Par la suite, des comédiens dont Abass, Adrienne Koutouan, Guéhi vêh et bien d’autres ayant constaté que le théâtre ne nourrissant plus son homme, se sont mis eux aussi à faire de l’humour. Ainsi tous les mois, les Ivoiriens avaient leur dose d’humour à travers les spectacles qu’organisaient les humoristes.
Mais aujourd’hui, force est de constater que nos humoristes ne font plus d’effort pour améliorer leur prestation. L’humour ivoirien commence à manquer d’originalité, de créativité, de génie. La qualité a fait la place à la facilité et aux histoires douteuses. Ce sont les mêmes histoires qu’ils racontent au fil des spectacles et qui lassent les spectateurs.
L’édition de »Bonjour 2014 » a été l’illustration de ce que nos humoristes manquent sérieusement d’humour. C’était du laisser-aller et de l’improvisation. La preuve, les spectateurs avaient du mal à rire. Et la plupart des humoristes n’ont pas été à la hauteur. Depuis deux ans, les humoristes les plus talentueux sont boycottés par la télévision ivoirienne au motif qu’ils sont marqués politiquement. Adama Dahico, Chuken Pat sont relégués aux archives. Il faut sincèrement que les humoristes Ivoiriens se remettent au travail. Car il ne suffit pas de se rendre dans des salles de spectacle pour raconter des histoires drôles ou salaces pour prétendre être un bon humoriste. C’est un travail qui demande de la prestance et surtout du talent.
Comme sanction cette année, aucun humoriste ivoirien n’a été sélectionné pour le Masa (Marché des arts et du spectacle africain). La preuve que les humoristes ivoiriens ne sont plus créatifs. Alors Mesdames et Messieurs remettez-vous au travail et refaites nous rêver.
Source Star Magazine
Tue, 11 Feb 2014 00:02:00 +0100
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