Tous ceux qui ont traversé ou séjourné momentanément, hier dimanche, à Bonoua ont été frappés par la présence massive de forces de l’ordre, policiers et gendarmes, dans la ville. Le pouvoir Ouattara a mis en branle son dispositif répressif sous le prétexte d’une prétendue «opération de sécurisation» inhabituelle qui cachait mal une certaine fébrilité. La Fédération Fpi de Grand-Bassam et Bonoua, en collaboration avec la Jfpi de la seconde localité, avait décidé, en effet, de tenir un grand meeting de remobilisation, hier dimanche 14 juillet, à Bonoua.
Depuis l’annonce de ce meeting, il y a plus de deux semaines, la Jeunesse du Fpi sensibilise, informe et mobilise pour cette grande rencontre, surtout que les précédentes ont toujours drainé du monde au grand désarroi du pouvoir. Des courriers d’information sont adressés à toutes les autorités compétentes de la ville (sous-préfecture, mairie, police, gendarmerie, etc.). Mais, au cours d’une réunion convoquée le samedi 13 juillet, c’est-à-dire la veille du meeting, par le sous-préfet Magloire Coulibaly, les responsables locaux de la Jfpi sont informés du report de la manifestation sine die. La raison? La mairie n’a pas autorisé l’occupation de la place Amangoua par la Jfpi. Curieusement, le tout nouveau maire de la commune, Norbert Jonwan Téké, qui a refusé l’accès à la place Amangoua, n’est pas présent à la rencontre pour en donner les raisons. C’est plutôt l’un de ses adjoints qui arrive au pas de course vers la fin de la réunion. De source proche de la mairie, le nouveau maire, conscient et convaincu de la force de mobilisation du Fpi à Bonoua, n’aurait pas voulu s’attirer d’ennuis, surtout qu’il vient d’être investi. «Le maire a estimé que, comme il vient d’être installé, il serait souhaitable que le meeting soit reporté à une date ultérieure», a confié notre source. Cependant, à en croire des responsables locaux de la Jfpi, le maire s’est caché derrière le préfet de Bassam pour faire capoter le meeting. «Il nous a fait croire qu’il a adressé un courrier au préfet de Bassam et qu’il en attendait la réponse avant de donner son ok», explique un militant. Le préfet aurait répondu pour dire qu’il revient au maire de céder l’espace, mais que la sécurisation est du ressort de l’administration. Pour de nombreux observateurs, le maire Jonwan Téké n’a pas été courageux pour céder l’espace Amangoua, situé à quelques mètres du commissariat de police. Malgré ce report, la petite cité a été prise d’assaut par les gendarmes, policiers et Frci, dont certains sont venus d’Aboisso et d’ailleurs. Une forte mobilisation de forces de sécurité mises en alerte maximum pour si peu !
Sam K.D.
In Notre Voie