« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Boureima Badini : De la facilitation au «business» en Côte d’Ivoire

Officiellement, on croirait que l’homme soit toujours préoccupé par les affaires ivoiriennes, dans le contexte post-crise. Que non ! La réalité, selon nos investigations, est que Boureima Badini, en bon homme d’affaires, a jugé bon d’investir dans ce beau pays aux nombreuses potentialités. Quoi de plus normal !

Le temps semble être venu pour lui de profiter, après les angoisses et les sueurs froides, vécues au rythme des blocages et des voltefaces de la crise – même si l’on peut estimer qu’il était payé en conséquence, à dix millions FCFA le mois – des avantages et des aspérités qu’offre la Côte d’Ivoire.

Seulement, le champ d’investissement de Boureima Badini ne participe pas forcement à la reconstruction post-crise. C’est que l’homme s’est acheté une vaste plantation d’hévéa dans un département à seulement une cinquantaine de kilomètre d’Abidjan. Une plantation d’une centaine d’hectare. Quant on sait qu’en Côte d’Ivoire, un hectare d’hévéa en production rapporte par mois 160.000 FCFA. Il devient ainsi un gros producteur avec un gain annuel avoisinant les 200 millions FCFA.

Pourtant, Alexandre Lebel Ilboudo, journaliste écrivain, auteur du livre "Insurrection" sur la crise ivoirienne, avait dénoncé, en 2009, dans une enquête intitulée «Les terres toujours refusées aux Burkinabè», la confiscation d’un vaste domaine foncier appartenant à des burkinabè par de hauts cadres de l’ex- régime ivoirien sans que cela n’émeuve l’ex- facilitateur de l’accord politique de Ouaga. Une enquête qui a valu en 2010 au Grand Reporter du journal ivoirien pro-Ouattara , le prestigieux Prix CNN du meilleur journaliste africain d’expression française.

Ni les autorités diplomatiques burkinabè, ni l’ex- représentant du facilitateur de l’accord politique de Ouagadougou à Abidjan n’ont saisi l’aubaine de cette enquête jugée crédible et équitable dans le traitement par un jury international pour plaider la cause de leurs compatriotes victimes d’expropriations.

Seulement, la question que l’on se pose est comment des gens qui n’ont jamais pu intervenir auprès des autorités ivoiriennes pour résoudre le moindre conflit foncier impliquant leurs compatriotes, ont-ils pu s’intéresser à la terre. Par centaine d’hectares.

Il n’y a pas d’autres réponses qui vaillent, si ce n’est qu’ils ont eu tout simplement l’intelligence de leurs intérêts.

Jean François Fall in informateur.info

Fri, 22 Feb 2013 11:05:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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