Au lendemain de violentes émeutes contre le régime et de l’annonce par les militaires qu’ils prenaient le contrôle du pays, des dizaines de milliers de manifestants sont de nouveau descendus vendredi matin dans la rue à Ouagadougou. Massés sur la place de la Nation, devant l’état-major des armées, ils criaient notamment "Blaise, dégage !" et "Kouamé Lougué président". Kouamé Lougué, général en retraite, ancien ministre de la Défense limogé en 2003, bénéficie d’un fort capital de sympathie parmi les contestataires.
Balai citoyen
"Nous sommes en pourparlers avec l’armée pour qu’elle nous garantisse le départ de Compaoré", avait déclaré dans la foule Smokey, un cadre du Balai citoyen, un mouvement hostile au maintien au pouvoir de Blaise Compaoré. Pour l’opposition, "toute transition politique à venir doit être conçue, organisée (…) autour des forces de la société civile, et intégrer toutes les composantes de la nation (…), y compris l’armée", selon une déclaration lors d’un point de presse dans la matinée.
"À partir de ce jour, Blaise Compaoré n’est plus au pouvoir", a lancé sous les applaudissements de la foule réunie place de la Nation, peu avant 12 h 30 locales et GMT, le colonel Boureima Farta, hissé sur les épaules de militaires. L’opposition avait appelé dans la matinée à "maintenir la pression en occupant l’espace public", selon un de ses principaux responsables, Zéphirin Diabré. "Le préalable à toute discussion relative à toute transition politique est le départ pur et simple et sans condition de M. Blaise Compaoré", avait-il insisté lors d’un point de presse dans la matinée.
C’est l’annonce d’un projet de révision constitutionnelle qui aurait permis à Blaise Compaoré – arrivé au pouvoir lors d’un putsch en 1987, élu pour deux septennats puis deux quinquennats – de se représenter à la présidentielle en 2015, qui a jeté des centaines de milliers de Burkinabés refusant un "président à vie" dans la rue. Assemblée nationale incendiée, télévision publique prise d’assaut, violences en province, appels à la démission du président : le Burkina s’est enflammé jeudi. Cette crise a provoqué l’intervention des militaires, puis du président Compaoré dans la nuit, créant la confusion.
Fri, 31 Oct 2014 15:19:00 +0100
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