“Ca fait au moins cinq ans” que dure le débat sur l’article 37 ans de la Loi fondamentale, observait samedi le chef de l’Etat burkinabè, dans une interview à la BBC.
Majorité et opposition s’empoignent régulièrement depuis de longs mois au sujet de cet article limitant à deux les mandats présidentiels, qui empêche pour l’instant Blaise Compaoré, âgé de 63 ans, de se représenter en 2015.
L’examen jeudi par l’Assemblée nationale d’un projet de modification de la Constitution, pour porter à trois le nombre maximum de quinquennats, mettra fin à un long suspense. Mais il peut aussi embraser le pays, selon plusieurs observateurs.
Arrivé aux affaires il y a 27 ans par un putsch, le chef de l’Etat burkinabè, qui devait achever l’an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015), se verrait offrir un futur à la tête du pays.
Lui qui a déjà modifié deux fois l’article 37, en 1997 puis en 2000, pour se maintenir au pouvoir, invoque le respect strict de la loi pour justifier cette troisième retouche.
Mais l’opposition craint que ce nouveau changement, qui ne devrait pas être rétroactif, conduise le chef de l’Etat, déjà élu quatre fois avec des scores soviétiques, à accomplir non pas un mais trois mandats supplémentaires, lui garantissant 15 années de plus au pouvoir.
Les ténors de l’opposition, depuis quelques jours, appellent donc le peuple à “marcher sur l’Assemblée” afin d’empêcher le vote.
“Le 30 octobre, c’est le printemps noir au Burkina Faso, à l’image du printemps arabe”, lançait mercredi Emile Pargui Paré, ex-candidat à la charge suprême et cadre d’un influent parti d’opposition, envisageant une “prise de la Bastille” à la sauce burkinabè.
– Sécurité maximale –
La monumentale manifestation de mardi, qui a vu des centaines de milliers de personnes arpenter les rues ouagalaises – un million, selon l’opposition – pour dénoncer le “coup d’Etat constitutionnel”, va dans ce sens.
Son épilogue violent, quand des centaines de jeunes, munis de barres de fer et de pierres, ont affronté les forces de l’ordre, montrent aussi que certains sont prêts à se battre. De premières échauffourées s‘étaient produites dans la nuit de lundi à mardi.
Mais empêcher le vote s’annonce difficile. Depuis mardi soir, une centaine de policiers quadrillaient les abords du Parlement, rejoints pas de nombreux militaires mercredi.
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Thu, 30 Oct 2014 08:51:00 +0100
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