« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Ce qu’il faut retenir de la sortie de Robert Bourgi -Par Alexis Gnagno

Robert Bourgi a d’abord enseigné à l’université d’Abidjan, et sa première grande rencontre avec Laurent Gbagbo se fait au cours d’une conférence contradictoire sur la Conférence de Brazzaville qui l’a opposé à ce dernier. Cette conférence de Brazzaville avait fait l’objet d’un livre de Gbagbo intitulé :
" Réflexions sur la Conférence de Brazzaville de 1944 " . C’était avant que Gbagbo ne parte en exil. On retiendra juste que Robert Bourgi avait dit après cette conférence contradictoire : " L’Afrique doit être fière d’avoir un chercheur comme Laurent Gbagbo. "
Leur rencontre est donc antérieure à leur entrée en politique parce que Gbagbo lui-même n’était pas encore connu comme un homme politique.
Robert Bourgi se reconvertira plus tard dans les missions secrètes de la Françafrique que Gbagbo combattra, en s’engageant en politique et en déclinant sa vision des relations avec la France dans d’autres livres. Robert Bourgi n’est donc pas un ami de Laurent Gbagbo.

C’est plutôt son frère Albert Bourgi qui est l’ami de Gbagbo pour l’avoir toujours défendu, et parce qu’ils ont une vision commune de ce que devrait être la relation entre la France et les états africains. Il fait d’ailleurs aujourd’hui partie de l’association " Les Amis de Gbagbo ". Albert Bourgi peut être considéré comme un intellectuel incorruptible, et est tout le contraire de son frère qui n’est pas un ami du président Gbagbo, au sens propre comme au sens figuré.

Robert Bourgi a été simplement un interlocuteur de Gbagbo. Si leurs chemins se sont croisés, c’est essentiellement parce que Gbagbo n’a pas le choix de ses interlocuteurs français. La France, c’est la Françafrique !
Si Robert Bourgi sort aujourd’hui pour être interviewé sur RFI, c’est parce qu’il est en mission pour combattre le livre de François Mattéï qui commence à semer le doute dans l’esprit de certains de ceux qui ont été abusés par la campagne mensongère sur Laurent Gbagbo, un homme qui se bat pour que son pays soit reconnu comme un état souverain, et traité comme tel.
Mais Robert Bourgi n’est pas crédible parce qu’il a fait beaucoup trop de déclarations qui se contredisent, mais surtout parce que nous savons la cause qu’il sert, la cause de la Françafrique.

Alexis Gnagno

Mon, 28 Jul 2014 15:43:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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