« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Centrafrique : Hostilité grandissante contre l’armée française

La scène parait banale mais illustre pourtant une hostilité grandissante contre les militaires français de l’opération Sangaris. A Bangui, des soldats français de l’opération Sangaris se sont arrêtés au niveau de Lakounga, un groupe de jeunes chrétiens se met à crier "voleurs de diamants". Les soldats français répondent aussitôt : "Voleurs de tôles des musulmans".

En Centrafrique comme dans la diaspora, des voix s’élèvent pour dénoncer un double discours entretenu par la France. Alors que la mission Sangaris est un échec, le pays tend vers la partition tandis que le génocide contre les musulmans se poursuit grâce à l’important soutien qu’a reçu la milice Anti-Balles AK, à majorité chrétienne.

Si certains parlent d’une convoitise des richesses centrafricaines, une source militaire en RCA affirme que la position stratégique et militaire de la France dans la sous-région est mise à mal. Il a ainsi fallu orchestrer la tuerie des musulmans pour le mettre sur le dos du Tchad.

« Les africains dans leur ensemble ont compris avec une sureté remarquable qu’en Afrique, là où l’armée française passe, le chaos s’en suit. La crise centrafricaine est un exemple vécu. Les antis-balaka, qui au début de la crise, combattaient à coup de machette, se retrouvent avec des armes Famas, après le déploiement de l’armée française en RCA. Cette leçon, le Tchad l’a retenue et aurait fait part à son voisin anglophone en crise. Probable raison pour le manque d’engouement des autorités nigérianes à la proposition française d’organiser le sommet consacré à la sécurité dominé par la question de Boko Haram », souligne le journaliste Mahamat Ramadane.

Le diamant centrafricain

« Certains soldats français de la Sangaris achètent eux aussi, au su de certaines autorités centrafricaines, des pierreries et métaux précieux centrafricains dans les régions du Sud-ouest de Centrafrique », explique Johnny Yannick Nalimo, en violation du processus de Kimberly. Ces accusations viennent se greffer à celles de viols de deux fillettes par des soldats de la force Sangaris à l’Est du pays.
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Sun, 18 May 2014 10:22:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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