« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Charles-Blé Goudé vers la CPI

Les dirigeants ivoiriens ont fini par céder. A deux reprises depuis la mi-janvier, la Cour pénale internationale avait exigé que lui soit remis l’ex-leader des Jeunes patriotes, sans attendre le mois d’avril, comme avait dit le gouvernement ivoirien.

Mais la demande de la CPI a été formulée « avec insistance », constate en une Fraternité Matin, qui consacre ses sept premières pages à l’événement, soit 1/6 de sa pagination du jour, petites annonces comprises. La « pression » de la CPI était « si forte qu’il a fallu ne plus lui résister », soupire le quotidien gouvernemental ivoirien. « Malgré les hurlements des Patriotes, Blé Goudé sera bel et bien à La Haye », complète Frat Mat.

« Blé Goudé ira à la CPI », lance également Le Patriote. Mais le quotidien proche du président Alassane Ouattara choisit ce matin de politiser délibérément l’affaire en affirmant que, loin d’être la CPI, c’est le président du Front populaire ivoirien « Pascal Affi N’Guessan et ses camarades du FPI (qui) ont eu finalement la peau de Charles Blé Goudé. C’est de notoriété », clame, à qui veut l’entendre, le journal. Qui conclut, je le cite bien sûr : « Aujourd’hui, Pascal Affi N’Guessan et ses amis du FPI doivent être certainement en train de danser et de rire. Car leur vœu le plus cher vient d’être exaucé », fin de citation.

Cette analyse est relayée en une par le journal L’Expression, proche lui-aussi de l’actuel pouvoir ivoirien, en proposant d’expliquer à ses lecteurs « comment Affi et Koua ont eu la peau de Blé Goudé », étant précisé qu’Affi n’est autre que Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, et Koua Justin étant le secrétaire national à la jeunesse du parti créé par l’ex-président Laurent Gbagbo.

La presse pro-Gbagbo, justement. Elle n’est pas dans cette polémique délibérément ouverte, mais dans l’indignation.

« C’est fini pour la réconciliation », tranche ainsi en une Notre Voie. Le quotidien dénonce les « arguments fallacieux du pouvoir » et rapporte la réaction du Congrès des Jeunes patriotes, présidé par Charles Blé Goudé, qui « constate avec amertume que la Cpi se fait encore complice de la justice des vainqueurs ».

« Le régime enterre la réconciliation », enchérit Le Temps.

Quand au journal LG infos, il pense en une qu’en décidant ainsi de livrer Blé Goudé à la Cour pénale internationale, « Ouattara ouvre la voie de la CPI à, Soro et ses Com’zones ».
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Fri, 21 Mar 2014 17:47:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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