« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Christiane Taubira cristallise les rancoeurs sur le Web

La nouvelle garde des sceaux n’aura pas eu à attendre longtemps pour subir sa première salve de critiques. Issue du Parti radical de gauche (PRG) et élue guyanaise, Christiane Taubira est, depuis sa nomination, l’une des cibles privilégiées de la droite et de l’extrême droite sur le Web.

INTOX SUR UNE FAUSSE CITATION

Une partie des critiques, comme celles qui visent son projet de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, ressort du débat politique normal. D’autres sont plus douteuses. La ministre s’est ainsi vu attribuer, durant le week-end, une phrase polémique. Selon plusieurs blogs et comptes Twitter, la ministre aurait affirmé au micro de RFI : ‘Brûler des drapeaux français, c’est un geste de liesse pardonnable.’
Les sympathisants de l’UMP ont amplement relayé cette information, notamment sur Twitter, la reliant aux polémiques sur la présence de drapeaux étrangers à la Bastille le soir de la victoire de François Hollande.

Problème : la citation est tout simplement fausse. Le site d’Europe 1, Le Lab, qui a enquêté sur la question, dimanche 20 mai, auprès de RFI, dément que Mme Taubira ait tenu ces propos. Et rappelle qu’aucun drapeau français n’a été brûlé le soir du 6 mai, contrairement à ce qu’ont affirmé d’autres rumeurs circulant sur le Web. Ces rumeurs s’appuyaient sur une photo de drapeau brûlé à Toulouse, qui datait en fait de 2007.

Et si certains, à l’instar du blogueur Emery Doligé, ont corrigé par la suite, d’autres ont pris cette fausse citation pour argent comptant, à commencer par l’ex-ministre Roselyne Bachelot.

DE L’"ARCHÉOLOGIE POLITIQUE" À LA "RÉACOSPHÈRE"

La nouvelle ministre de la justice a également été attaquée sur son passé autonomiste. Nombre de blogs proches de la droite ou de l’extrême droite rappellent l’engagement de la parlementaire, au début de sa vie politique, au sein du mouvement autonomiste guyanais, un passé mis en avant par Jean-Marie Le Pen. Interrogée à ce sujet, la ministre a répondu en parlant "d’archéologie politique".

Les raisons de la nomination de Mme Taubira sont également critiquées par ces mêmes sites et blogs de la "droitosphère", qui ont exhumé une vidéo datant de 2008 et dans laquelle Mme Taubira critique les méthodes du PS, en admettant qu’il lui arrive d’être accusée d’avoir fait perdre Lionel Jospin en maintenant sa candidature en 2002. Il n’en faut pas plus aux sites en question pour conclure qu’elle doit sa nomination au fait de n’avoir pas été candidate contre François Hollande.

Décidément très remontée contre la ministre, la blogosphère de droite et d’extrême droite a également exhumé une condamnation de Mme Taubira aux prud’hommes, en 2004, pour licenciement injustifié d’une collaboratrice parlementaire.

Plus que les sympathisants de l’UMP, c’est la "réacosphère", proche de l’extrême droite, qui concentre le plus ses traits contre la ministre. Ainsi, le site Observatoire de l’islamisation reproche à Christiane Taubira, qui a fait adopter en 2001 une loi qualifiant la traite négrière de crime contre l’humanité, de chercher à "étouffer la traite arabo-musulmane" pour accuser les seuls "Blancs". Même critique sur le site de Riposte laïque, qui dénonce lui aussi cette loi de 2001. On peut cependant retrouver cette même attaque sur le site 24heuresactu, connu pour être proche de l’UMP.

In lemonde.fr

Mon, 21 May 2012 16:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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