«C’est capital d’avoir une bonne unité de traitement d’eau. Pendant et après la dialyse, les malades se sentent beaucoup plus à l’aise», atteste Dr Jacques Sissoko, directeur du Samu et gestionnaire du centre d’hémodialyse du Chu de Cocody. Pour obtenir le matériel de première main, l’Etat y a mis du prix. Le projet coûte 1 milliard 229 millions Fcfa par an, et ceci pendant cinq ans. Il permet d’acquérir 32 machines neuves pour les Chu de Cocody, Yopougon et Treichville, une unité de traitement d’eau neuve, 32 fauteuils d’hémodialyse neufs, 32 tablettes de malades neuves et surtout 30 mille kits de dialyse par an pendant cinq ans. Dans le contrat, il y a la fourniture, la formation, l’installation et la maintenance. La première installation a été faite par des techniciens allemands. Des biotechniciens ont été aussi formés sur place pour maîtriser l’étape de l’installation et celle de la dialyse.
Le directeur du Samu annonce par ailleurs que le premier centre de dialyse pédiatrique «digne du nom » sera livré dans 6 mois. Dr Sissoko confie que dans le cadre de la décentralisation de la dialyse, l’extension de l’unité de Yamoussoukro sera livrée dans 6 mois avec 10 postes. 10 postes sont également prévus à Bouaké. Le marché du centre de Gagnoa est déjà attribué. La ville de San-Pedro met elle-même à disposition un bâtiment qu’il va falloir équiper. A terme, il y aura 70 machines à l’intérieur du pays. Ce qui fera 200 dialyses par jour. Soit 630 personnes à dialyser par semaine en raison de 3 séances par jour, par patient. Mais les besoins restent énormes selon le directeur. Puisque, déplore-t-il, de nombreux malades du rein meurent à travers le pays faute d’accès aux soins.
Il préconise donc qu’il y ait au moins un centre de dialyse dans chaque région.
D’ici là, les malades ne boudent pas leur plaisir d’être dans le nouveau centre de Cocody. « Dans l’ancien centre (de Cocody), ma tension artérielle était toujours à 18 après chaque dialyse, maintenant, elle est à 14 », apprécie Bamba Moussa, président de l’Association des dialysés et insuffisants rénaux de Côte d’Ivoire.
Contrairement aux anciennes, les nouvelles machines sont en effet équipées d’un régulateur qui maintient la tension artérielle à un niveau acceptable pendant le nettoyage du sang.
Fonctionnaire au Niger, Younoussa Boubacar est aussi membre de la commission spécialisée et chargé de mission au sein du Réseau des associations des hémodialysés et insuffisants rénaux de l’espace Uemoa (Rashir-Uemoa). Venu «prendre contact avec les autorités ivoiriennes», son passage à Abidjan coïncide avec l’ouverture du nouvel hôpital. Il ne cache pas son admiration. «J’ai le sentiment d’être en Europe. Avec le centre que je découvre, je ne me crois même pas en Afrique. Je suis ravi. Au Niger, nous avons deux centres de dialyse. Le deuxième a été inauguré le 6 octobre. Tous les malades se dialysent dans de bonnes conditions chez nous. La séance est gratuite. Sauf que les quatre premières séances sont à 200.000 F Cfa », signale-t-il.
Nesmon De Laure in Nord-Sud
Thu, 18 Oct 2012 00:32:00 +0200
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