Arrivé au pouvoir à la faveur du coup d’État contre son ancien frère d’armes Thomas Sankara en 1987, "Blaise", comme l’appellent ses pairs africains, n’avait pas prévu une telle fin de règne. Malgré deux septennats (1992-2005) puis deux quinquennats (2005-2015), il souhaitait se maintenir à la tête du Burkina Faso après la fin de son mandat en décembre 2015, en révisant la Constitution.
C’est cette volonté de s’accrocher au pouvoir qui a finalement eu raison de son régime en suscitant l’ire de l’opposition, des syndicats, d’une grande partie de la société civile et de la jeunesse de ce pays où plus de 60 % des 17 millions d’habitants ont moins de 25 ans. Fait rare au Burkina Faso, plusieurs dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées, le 28 octobre, dans les rues de la capitale Ouagadougou pour demander au régime de renoncer à son projet.
Au-dessus de la foule de protestataires s’élevaient des milliers de pancartes exigeant du président qu’il se plie à la Constitution : "27 ans, c’est assez", "Judas, libérez les lieux" ou encore "Blaise dégage". Trois jours plus tard, Blaise Compaoré s’est résigné à lâcher prise au profit de l’armée qui a pris les commandes du pays.
Agitateur devenu pacificateur
Chef d’État aussi discret qu’insondable, le doyen des dirigeants ouest-africains s’est longtemps posé en garant de la stabilité, non seulement dans son pays mais aussi dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Après avoir, pendant des années, traîné l’image d’un putschiste boutefeu toujours prompt à choyer tout ce que la sous-région comptait de rebelles (Charles Taylor au Liberia, Guillaume Soro en Côte d’Ivoire), Blaise Compaoré a su se forger au fil des ans une stature d’homme de paix. À la tête d’un pays n’ayant connu aucun coup d’État en deux décennies, il fut ainsi appelé à jouer les facilitateurs dans les crises récentes qui ont agité la sous-région. La médiation de la crise togolaise en 2006 ? C’est lui. Celles des crises ivoiriennes (à partir de 2004), guinéennes (2009) et maliennes (2012) ? Encore lui.
Parce que les missions de "Monsieur bons offices" furent pour beaucoup couronnées de succès, la France l’aurait proposé, dit-on, pour succéder à Abdou Diouf à la présidence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Une porte de sortie que l’intéressé a gentiment refusé de prendre.
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Fri, 31 Oct 2014 21:54:00 +0100
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