« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Condamnation de Thomas Lubanga par la Cpi : Un message fort aux chefs de guerre ivoiriens

Le chef de guerre, Thomas Lubanga, chef de l’union des patriotes congolais (Upc), rébellion armée ayant massacré des civils dans l’Ituri, nord-est de la Rdc, a été déclaré coupable de crimes de guerre et de recrutement d’enfants soldats, le mercredi 14 mars dernier, par les juges de la cour pénale internationale (Cpi) au terme d’un procès marathon. Selon des sources proches de la juridiction internationale, le prévenu risque une peine d’emprisonnement de 30 ans. L’information a certainement eu un effet de bombe dans les rangs des forces nouvelles, la rébellion armée pro-Ouattara qui a endeuillé la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. Le chef des forces nouvelles, Guillaume Soro Kigbafori et ses chefs de guerre, indexés comme auteurs et commanditaires de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par plusieurs organisations de défense des droits humains, se retrouvent sur une corde raide et réalisent du coup qu’ils pourraient connaitre le même sort que leur homologue congolais, Thomas Lubanga. La condamnation du chef de l’Upc annonce assurément des jours sombres pour tous ces chefs de guerre qui se sont octroyé un droit de vie ou de mort sur les pauvres populations ivoiriennes pendant une décennie entière. C’est un signal fort que la Cpi envoie à la rébellion armée pro-Ouattara transformée en Frci. Il apparait désormais clair que les massacres de gendarmes et de certains membres de leurs familles à Bouaké en 2002, l’assassinat des danseuses d’Adjanou, les tueries massives de civils en mars 2011 à l’Ouest (1000 personnes tuées à Duékoué, selon les organisations de défense des droits de l’homme) et bien d’autres crimes crapuleux commis par les forces pro-Ouattara ne resteront pas impunis. Auteurs, co-auteurs directes ou indirectes de ces crimes graves à qui on déploie le tapis rouge en Côte d’Ivoire et en France doivent savoir que pour sa crédibilité, la Cpi devra aller loin contre l’impunité pour les criminels de guerre. Les concernés gagneraient à préparer leur défense au lieu de s’engager dans des intrigues inutiles visant à semer le doute dans les esprits des populations peu informées.

Jean Khalil Sella in Notre Voie

Mon, 19 Mar 2012 00:56:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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