« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Consommation – Cherté de la vie : Le prix du gaz domestique jugé trop élevé La galère des populations sur le terrain

Depuis le 2 janvier 2013, le gouvernement ivoirien a décidé de procéder à une augmentation du prix du gaz domestique en Côte d’Ivoire. Ainsi, de façon brutale, les consommateurs ivoiriens (qui n’en ont pas été sensibilisés préalablement par les autorités ivoiriennes) ont appris à leur dépens que désormais, ils paieront à 2000 francs, 5200 francs, et 18 535 francs Cfa, les contenus respectifs des bouteilles B6, B12 et B28.

Au lieu de 1800, 4000 et 9000 francs Cfa. La situation étant déjà difficile au sortir de nombreuses années de crise, la nouvelle est triste pour la plupart des consommateurs.

En effet, depuis le 2 janvier, dans le cadre des différents reportages effectués dans les différentes communes d’Abidjan, nous avons pu faire le constat. « C’est un vilain cadeau de nouvel an ». « 1200 francs d’augmentation, c’est trop pour la B12 ! ». «Avant déjà, c’était difficile d’acheter le gaz, maintenant ce sera encore plus compliqué ». Les commentaires sur la mesure ne sont pas des plus réjouissants. Dans la foulée, des associations des consommateurs sont montées au créneau pour interpeller le gouvernement afin qu’il revienne sur sa position. Certaines ont même demandé au gouvernement de réduire les taxes fiscales. «Cette réduction des prix (retour aux anciens prix) du carburant et du gaz butane est faisable, en supprimant les taxes excessives et injustifiées qui grèvent le prix des hydrocarbures pour éviter à la Côte d’Ivoire convalescente de sombrer dans la chienlit », a soutenu la Fédération des associations de consommateurs de Côte d’Ivoire (Fac-CI) dans une déclaration.

L’Action pour la protection des Droits de l’homme (Apdh) ainsi que la Convention de la société civile ivoirienne (Csci) ont également appelé à une révision de la mesure. Malheureusement, elles toutes n’ont pas été entendues. Parce que, selon le Président Alassane Ouattara, l’État de Côte d’Ivoire, a de bonnes raisons de procéder à une hausse du prix du gaz domestique ainsi que celui du super sans plomb qui est passé entre-temps de 774 francs à 792 francs Cfa le litre. «(…) L’augmentation du prix du gaz et du super n’est pas une mesure surprise. C’est une mesure qui aurait dû être prise dès notre arrivée aux affaires. C’est-à-dire en mai 2011. Peut-être que nous aurions dû communiquer à ce moment-là car le secteur électrique était au bord du gouffre et la Sir (Ndlr : Société ivoirienne de raffinage) était au bord de la faillite et la Petroci (ndlr : Société des opérations pétrolières de Côte d’Ivoire) prête à fermer. Il fallait prendre des mesures de restructuration au niveau de ces entités et ensuite voir comment alléger le poids des mesures arrêtées sur les populations les plus démunies », a, en effet, expliqué le chef de l’État aux chefs traditionnels et guides religieux qu’il a reçus à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux du nouvel an en début d’année.

Galère et galère

Autrement dit, les nouveaux prix ne changeront pas. Et, les consommateurs ivoiriens n’ont le choix qu’avec le charbon. Cependant, pour ce produit aussi, les commerçants font valoir leur esprit mercantile avide. Ils majorent, en effet, leurs prix de 500 francs à 1500 francs pour les différents sacs de charbon sous prétexte que leurs fournisseurs ont augmenté leurs prix.

Une vraie galère donc pour les usagers du butane qui, déjà le 2 janvier, constatent sur le terrain que les revendeurs de gaz ont modifié automatiquement leurs prix sans aucune « loyauté » à leur égard. Les prix des marchandises de leurs anciens stocks qui ne devraient pas être touchés par la mesure surprise flambent. D’autres sont plus créatifs. Comme par le passé où ils ont décidé de fixer sauvagement leurs tarifs, ils optent pour une tarification spéciale.

Ainsi, par endroits, les ménages doivent débourser 2500 francs pour la B6, 6000 francs voire 7000 francs pour la B12 et même 20 000 francs pour la B28. Le client qui veut leur faire la morale est ignoré au profit de celui qui vient se faire servir sans discuter. A Cocody, à Trechville, comme à Yopougon, les revendeurs font leurs lois sans être inquiétés. « Même si cela arrive quelquefois, comme c’est le cas ces temps-ci avec la fermeture de certains magasins de revendeurs, la réalité est que cette surveillance n’est pas permanente. On a déjà vu les éléments des Frci les surveiller mais ça a duré combien de temps ? Pour un produit qu’on estime déjà cher, nos autorités n’ont pas le temps de mettre la pression sur les distributeurs de quartier pour qu’on souffre moins », s’est plaint, à Cocody, un chef de famille venu acheter du gaz avec sa fille.

L’homme est reparti avec une B12 à 6500 francs Cfa malgré toutes ses plaintes. Surtout que le gaz n’est pas disponible à tout moment. Cela signifie si tu hésites, tu as toutes les chances de ne pas en avoir pendant un certain temps. Un ensemble donc de réalités qui contraignent le consommateur ivoirien.

Hermance K-N in Soir Info

Tue, 29 Jan 2013 01:19:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.