Pourtant, ils ne voulaient pas de l’ouvrage
Les Ivoiriens attendaient tout de même l’hommage des nouvelles autorités ivoiriennes au bâtisseur. Ils devront attendre encore longtemps pour la simple raison que les partisans d’Alassane Dramane Ouattara ont longuement combattu Laurent Gbagbo pendant la réalisation du projet. Comme ils ne voulaient pas que Gbagbo ait la paternité de l’oléoduc, ils ont trouvé que c’était un projet dangereux. Des sources concordantes expliquent que malgré les assurances des experts français et ivoiriens, le ministre Patrick Achi, qui tenait le ministère des Infrastructures économiques du gouvernement du président Laurent Gbagbo, soutenait qu’il ne conseillait pas au chef de l’Etat ivoirien d’alors d’opter pour ce genre de transport des hydrocarbures. Les oléoducs, à l’en croire, provoqueraient des explosions, en faisant chaque fois allusion à ce qui se passe au Nigéria. Il y avait aussi que l’Ageroute faisait également des siennes. Son directeur général, Boiké Fofana, selon les mêmes sources, aurait tout fait pour bloquer le projet en refusant que les tuyaux passent sous le terre-plein au niveau de l’autoroute du nord. On a donc dû contourner l’autoroute en creusant dans des collines pour relier Abidjan à Bouaké grâce au pipeline.
Aujourd’hui où le repas est servi, le gouvernement Alassane Dramane Ouattara s’enorgueillit du fait qu’il va favoriser un meilleur recouvrement des taxes pétrolières estimées à 20 milliards FCFA. Mais il oublie d’indiquer qu’il va aussi faire gagner à la Côte d’Ivoire au minimum 120 milliards FCFA que se partagent chaque année les propriétaires des camions citernes qui transportent les produits pétroliers. Les Ivoiriens ne représenteraient pas 20 % de cette population active.
Les camions-citernes partant désormais de Yamoussoukro vers les autres horizons, il y aura moins de trafic des poids lourds sur l’Autoroute du Nord. Premier avantage. Le deuxième, c’est que désormais à partir de Yamoussoukro, on peut ravitailler l’Ouest et le Sud du pays jusqu’à San-Pedro. Conséquence, cela réduit de façon notable le coût du transport et donc du prix du produit au consommateur. La ville de Yamoussoukro devrait en tirer un profit sans précédent.
Avant le lancement des travaux du pipeline, Laurent Gbagbo avait récupéré ce que l’Etat avait perdu à Gestoci Bouaké dont les installations avaient été attaquées par la rébellion armée en 2002, en faisant reprendre toutes ses activités par Gestoci Yamoussoukro. Il en doublera alors la capacité de stockage. Gestoci Yamoussoukro passait ainsi de 30.000 à 61.000 mètres cubes. Ce qui, du coup, entraînait le développement de Yamoussoukro avec un dépôt devenu plus grand. De 30 agents, Yamoussoukro voyait son personnel tripler. Mais en même temps que le président Laurent Gbagbo a lancé les travaux de l’extension du site de Gestoci Yamoussoukro, il voyait surtout la création de plusieurs centaines d’emplois. Malheureusement, là où on avait besoin de la main-d’œuvre qualifiée, Alassane Dramane Ouattara fait renvoyer cette main d’œuvre qualifiée sous le prétexte fallacieux qu’elle est pro-Gbagbo (45 personnes concernées). Et a fait recruter une main-d’œuvre non qualifiée (46 personnes issues de la seule région du Nord). Oubliant qu’un dépôt pétrolier est un dépôt à haut risque où il est impossible de circuler si on ne connaît pas le pétrole. Or ceux qui y sont aujourd’hui ne connaissent pas le pétrole. Ils n’ont, selon des sources concordantes, aucune formation ni sur le pétrole ni sur la sécurité incendie, encore moins sur la sécurité accident. Parce que l’agent qui travaille dans le pétrole est exposé à des dangers. Il peut y avoir du feu à tout moment.
Ouattara veut rattacher Abidjan à Ouaga
Alassane Dramane Ouattara veut-il reléguer Bouaké aux calendes grecques ? Ce n’est pas impossible puisqu’il veut tellement rattacher la Côte d’Ivoire au Burkina Faso qu’il a choisi de conduire l’oléoduc jusqu’à Ferkessédougou. S’il n’est pas mauvais que dans les sociétés modernes, il faut évoluer en groupes, il faut que l’intégration appelée de tous les vœux se fassent selon les règles. Les paramètres qui avaient été pris en compte pour que le pipeline arrive au dépôt de Bouaké étaient économiques. Selon des sources proches du dossier, la reconstruction du dépôt nécessiterait quelque 40 milliards FCFA. Et si l’on y ajoute un pan gazier, il faudrait au maximum 50 milliards FCFA. A en croire nos sources, les études de Bouaké prendraient au maximum un an quand celles de Ferkessédougou nécessiteraient 7 à 8 ans. Sans compter la construction d’un autre pipeline. En pensant donc au temps que la construction prendra, il est bon de faire la reconstruction de Bouaké.
Robert Krassault ciurbaine@yahoo.fr
Thu, 01 Aug 2013 03:25:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.