« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire – 10 ans d’une rebellion sanguinaire 18 septembre 2002

La rébellion armée de septembre 2002 aura fait trop de mal à la Côte d’Ivoire. Outre le glaive porté en plein cœur de la République (tentative de coup d’Etat avortée), les assaillants ont commis de nombreux crimes restés impunis jusqu’à ce jour. Ils ont aussi balafré le processus démocratique engagé par les forces du changement sous la conduite du Fpi de Laurent Gbagbo depuis 1990.
Dès les premières heures de cette rébellion armée injustifiable, intervenue alors même que le président Gbagbo avait ouvert son gouvernement à l’ensemble de l’opposition, des personnalités de premier plan dont le général Robert Guei, ancien chef de l’Etat et le ministre de l’intérieur Emile Boga Doudou ont trouvé la mort dans les conditions qui restent à élucider. Pendant 10 ans, les rebelles qui ont disent avoir pris les armes pour Alassane Ouattara (voir déclaration de Koné Zakaria) ont régné en maitres absolus dans la moitié nord du pays. Ils avaient droit de vie et de mort sur les populations prises en otage. Ils ont tué, violé, volé, humilié de pauvres hommes, femmes et enfants sans défense. Les rebelles s’en sont pris particulièrement aux forces de défense et de sécurité, aux militants du Fpi et aux partisans de Laurent Gbagbo qui ont le malheur de se retrouver sur leur chemin. L’on a encore en mémoire, l’exécution sommaire des gendarmes de Bouaké et leurs familles, le massacre des femmes danseuses de l’Adjanou à Sakassou. Outre les crimes de sang, les rebelles ont braqué toutes les agences des banques commerciales et de la Bceao installées dans leur zone de contrôle. Ce sont donc des milliards fcfa qui ont été emportés sans compter les pans entiers de l’économie nationale détournés par les rebelles et leurs parrains. Pendant dix ans, le pays est resté coupé en deux par des assaillants qui se sont rendu coupables des violations graves des droits humains sans que cela n’émeuve la communauté internationale. Bien au contraire, elle couvait cette rébellion armée et a fini par s’engager officiellement à ses cotés pendant la crise postélectorale pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo. L’objectif étant atteint, les Ivoiriens attendent que les « maitres du monde » acceptent enfin que les crimes de la rébellion soient punis.

Jean Khalil Sella in Notre Voie

…………..

La rébellion armée, racine de la crise postélectorale

La crise postélectorale qui a fait officiellement 3000 morts n’est pas spontanée du ciel. Certes, elle fut la conséquence directe du refus du candidat Alassane Ouattara d’accepter le verdict (non susceptible de recours) du conseil constitutionnel déclarant Laurent Gbagbo vainqueur des élections présidentielles de 2010. Mais pour nombre d’observateurs, la vraie origine du conflit réside dans le non désarmement des rebelles avant les élections. Les accords de Ouagadougou signé le 4 mars 2007 entre Laurent Gbgabo, alors président de la République et Soro Guillaume, chef officiel des rebelles, prévoyait que la rébellion devrait désarmer deux mois avant la tenue des élections présidentielles. Cette résolution n’a pas été respectée par les rebelles qui bénéficiaient du soutien de la France et de l’Onu. La suite, on la connait. La rébellion armée a utilisé ses armes pour violenter des électeurs. Les partisans de l’adversaire de Ouattara ont été empêchés d’accomplir leur devoir citoyen et le scrutin a été entaché de violence et de graves irrégularités dans plusieurs localités sous contrôle de la rébellion. Ces graves irrégularités et ces violences constatées par plusieurs observateurs indépendants dont ceux de l’Union Africaine ont amené le conseil constitutionnel à annuler le scrutin dans les localités concernées. Apres la proclamation des résultats définitifs par la juridiction suprême, la rébellion armée a lancé son offensive générale contre le regime Gbagbo. Même si les rebelles n’ont pu venir à bout des forces gouvernementales, il n’en demeure pas moins qu’ils ont crée les conditions de l’inter- vention directe de l’armée française soutenue par les casques bleus de l’Onu qui s’est soldée par la chute du président Gbagbo.

JKS in in Notre Voie

Wed, 19 Sep 2012 02:13:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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