« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Côte d’Ivoire: Amnesty enfonce Alassane Ouattara dans le dilemme

Décidément, le président ivoirien Alassane Ouattara n’est pas au bout des peines que lui cause la marche vers la normalisation judiciaire de son pays. Après avoir ouvert la boîte de pandore en expédiant son rival politique Laurent Koudou Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI), voilà que l’ONG de défense des droits humains, Amnesty international lui demande de faire de même pour l’épouse de l’ancien président. Normal, le couple ploie pratiquement sous les mêmes chefs d’accusation à savoir: crimes de guerre et crimes contre l’humanité, etc.

Seulement voilà. Si Ouattara prend encore le risque d’envoyer Simone Gbagbo à La Haye au lieu de tenter de la juger à Abidjan, il va apporter de l’eau au moulin de ceux qui croient qu’il brade la souveraineté judiciaire de la Côte d’Ivoire à la CPI. Pire, dans ce processus de réconciliation dans lequel il a engagé le pays, il va se mettre à dos les partisans de Gbagbo et aussi tous ceux qui, en Côte d’Ivoire et ailleurs pensent qu’il n’a pas besoin d’aller laver le linge sale de son pays devant un tribunal qui semble jusque-là réservé qu’aux Africains.

Par ailleurs, si jamais ADO succombe à l’injonction d’Amnesty International et sert l’ex-première dame sur un plateau d’or à la CPI, il lui sera bien difficile de ne pas livrer ses proches anciens chefs de guerre sur qui pèsent également de lourds soupçons de tueries dans l’Ouest du pays et suite à la dernière vague d’attaques contre des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci).

ADO va-t-il préférer la cohésion nationale à la justice à tout prix? Jusqu’où ira Amnesty dans la pression qu’elle met sur le pouvoir ivoirien? Après le dernier rapport de l’ONG qui a mis le gouvernement ivoirien dans tous ses états, c’est le président qui est dans le dilemme. ADO a-t-il désormais le dos au mur? Les prochains jours nous le diront.

fasozine.com

Tue, 27 Nov 2012 02:51:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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