Mais cette fois, les cartes sont un peu rebattues pour élire les 255 députés de l’Assemblée nationale. Un scrutin particulier car uninominal à un seul tour. Le candidat arrivé en tête dimanche remportera le siège de député pour peu qu’il sorte avec le plus gros score, quand bien même celui-ci serait de 20 % ou 30 % des suffrages.
Et ce qui fait le sel de cette élection, c’est que contrairement à 2011, l’opposition ne boycottera pas ces législatives, ce qui devrait modifier un peu, voire beaucoup, la donne au Parlement. La partie promet donc d’être disputée pour ces élections législatives, d’autant plus disputée que la Commission électorale a validé plus de 1 300 candidatures toutes étiquettes confondues.
Des candidats indépendants pour assurer la pluralité
Si la coalition Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Ouattara part grandissime favorite avec 248 candidats, il n’est pas certain qu’en chemin, elle ne se prenne pas les pieds dans le tapis.
En effet, cette machine à gagner les scrutins, voulue par le chef de l’Etat et regroupant cinq partis de la majorité, ne satisfait pas. Loin s’en faut même pour bon nombre de militants et de cadres politiques, qui prétextent que s’ils se pliaient à la discipline du parti du candidat unique, ils y perdraient leur identité et leur électorat local.
D’où le grand nombre de candidats indépendants, souvent des députés sortants mais non réinvestis qui se sont promis de contrecarrer la stratégie d’un parti unique que tente d’imposer Alassane Ouattara et son allié, l’ex-président Bédié.
Le FPI divisé
De plus, deux des partis de la coalition, l’UPCI et l’UDPCI, ont fait scission, refusant le peu de postes qu’on leur proposait au moment des investitures. Ils ont donc quitté le navire. Ou plutôt, on leur a montré la porte, celle de la sortie du gouvernement.
Bref, on constate que cela grogne dans les rangs de la majorité parlementaire, ce qui devrait permettre à l’opposition FPI de l’ex-président Gbagbo de tirer son épingle du jeu, même s’il paraît peu probable qu’elle remporte la majorité à l’Assemblée.
D’autant moins qu’elle a elle-même en interne ses propres problèmes à régler avec deux blocs : celui de Pascal Affi Nguessan, dont les membres veulent participer aux élections, et celui qui veut le maintien du boycott de tous les scrutins, bloc emmené par Aboudramane Sangaré, compagnon de route de Laurent et Simone Gbagbo.
C’est ainsi que l’on va assister à certains matches cruciaux dans certaines circonscriptions. L’un des plus emblématiques se déroulera à Abidjan, dans la circonscription de Cocody, où la ministre Affoussiata Bamba Lamine a été parachutée au titre du RHDP.
Objectif de ce parachutage : tenter de déloger la députée sortante Yasmina Ouegnin, considérée dans son parti du PDCI comme une frondeuse qui n’a pas obtenu de réinvestiture. Il y aura donc une belle bataille avec, parmi les arbitres, le FPI Issiaka Sangaré, qui n’est autre que le frère d’Aboudramane Sangaré.
Wed, 14 Dec 2016 10:29:00 +0100
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