« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire-Ghana, la tension monte

Koné Katinan libéré

Le gouvernement ivoirien doit encore attendre pour voir Koné Katinan extrader en Côte d’Ivoire. Depuis hier, le juge ghanéen du Tribunal d’Ossou a accordé au porte-parole de Laurent Gbagbo la liberté sous caution et les commentaires vont bon train ce matin. « Accusations sans fondements : Koné Katinan libre », « Ouattara perd une bataille », « le pouvoir mord la poussière » sont les titres qu’affichent les journaux de l’opposition, Le Nouveau Courrier, Notre Voie et Le Quotidien d’Abidjan. Ils expliquent que l’Etat ivoirien n’a pas pu apporter les preuves attendues par le juge. Ses avocats ont indiqué que les documents sont encore en cours de traduction et ont demandé un autre report de l’audience. C’est alors que devant la plaidoirie de la défense, le juge a accordé la liberté provisoire à Katinan pour une caution de 15 millions de FCFA. L’audience reprendra le 11 octobre 2012. Pour Damana Pickass, le président de la Coalition des Patriotes en Exil (COPIE), « c’est la victoire des démocrates sur les dictateurs ». Quant à Koné Katinan, il a dit « merci à tous, merci à tous », rapporte L’Intelligent d’Abidjan.

Mais Le Patriote avertit que « ce n’est pas fini ». Pour lui Koné Katinan est toujours extradable car le juge Aboagye Tandoh a justifié sa décision en ces termes : « Il est probable que la procédure soit retardée et par conséquent je vais accorder à l’accusé la liberté sous caution ». Quant à Nord-Sud Quotidien, il écrit que « le Ghana accepte l’argent volé à la BCEAO ». Selon lui, depuis son arrestation, Koné Katinan a toujours proposé de l’argent contre sa liberté. Mais ne l’a pas obtenue parce que le montant était insignifiant. Il a fallu qu’il le revoie à la hausse (13 millions) pour être libéré. Cet argent, probablement provient de la casse de la BCEAO, affirme t-il. Devant ce tableau, Me Mathurin Djirabou, un avocat que Fraternité Matin présente comme celui de plusieurs cadres du FPI, indique que « l’affaire n’est pas encore tranchée. La liberté provisoire ne signifie pas qu’on est innocent ».

Relations Côte d’Ivoire-Ghana

La fermeture des frontières ivoiro-ghanéennes et la libération de Katinan ont été au centre de débats houleux hier au Conseil de gouvernement, relate Soir Info. Deux tendances se sont dégagées. Certains ministres avancent que le Ghana nargue le pouvoir ivoirien donc pour eux, il faut durcir les relations. D’autres par contre ont estimé que même libéré, Katinan ne peut s’échapper, son passeport étant bloqué. Ils ont préconisé la réouverture des frontières et des négociations sérieuses avec le voisin. Au Ghana, Aujourd’hui dit que Jerry Rawlings est grandement en colère contre le Président Ouattara pour ses accusations contre le Ghana et la fermeture des frontières. Il aurait donc pesé de tout son poids dans la libération de Katinan et serait en première ligne dans la gestion de la crise entre les deux pays notamment dans le déploiement de forces à la frontière. Le Temps révèle que la Ghana a aussi fait prisonnier une cinquantaine de FRCI qui a fui les combats de Noé. Une véritable honte pour l’armée ivoirienne, note t-il. Quant aux pro-Gbagbo, L’Inter fait savoir qu’ils ont été mis en garde par les autorités ghanéennes : « Nous tenons à souligner que l’hospitalité que nous a=offrons aux réfugiés de Côte d’Ivoire soit interprétée comme une occasion de planifier et de mettre à exécution des actions visant à porter atteinte à la souveraineté, à la paix et aux efforts de réconciliation déployés par le gouvernement ivoirien… »

Huis clos sur la santé de Gbagbo et festin des crocodiles

Pour Le Patriote et L’Expression, le débat sur la santé de Gbagbo est un faux argument brandi par ses avocats. Car, selon eux, Gbagbo n’a jamais été maltraité en prison à Korhogo. Ils montrent une image d’un Gbagbo souriant se faire prendre en photo avec des visiteurs. Pour ce qui du second jour du huis clos, hier, L’intelligent d’Abidjan fait savoir que Gbagbo n’y était pas présent.

« Les crocodiles d’Houphouët » de Yamoussoukro se sont offerts à nouveau un repas humain, hier à 21H, informent plusieurs journaux. Un jeune qui voulait ramasser son portable tombé sur le rebord du lac a été traîné dans l’eau au moment il tentait de ressortir de la grille. Les sauriens ne se sont pas fait prier pour faire de son corps un repas. Cette affection des reptiles pour la chair humaine, trois hommes mangés en moins de deux mois, suscite des interrogations.

Par CÉSAR DJEDJE MEL in linfodrome.com

Wed, 26 Sep 2012 20:40:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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