Une gageure ? Non une simple application de la loi comme le démontre un site internet spécialisé qui clarifie cette question : « Il s’agit de la responsabilité pénale d’un chef militaire ou d’un supérieur hiérarchique civil faisant fonction de chef militaire pour des crimes commis par des membres des forces armées ou d’autres personnes placées sous son contrôle. Un supérieur peut être considéré comme pénalement responsable même s’il n’a pas donné l’ordre de commettre les crimes. Il suffit que le chef n’ait pas empêché ou réprimé l’exécution des crimes par ses subordonnés. ». Et le site d’indiquer que, outre les preuves que les crimes ont été commis, deux conditions doivent être remplies :
1. La personne accusée exerçait une autorité et un contrôle effectifs sur ses subordonnés qui ont commis ces crimes.
2. La personne accusée savait, ou aurait dû savoir :
que ses subordonnés allaient commettre des crimes, et n’a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher l’exécution de ces crimes
ou que ses subordonnés étaient en train de commettre des crimes, et n’a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour mettre fin à l’exécution des crimes alors même qu’elle se poursuivait ;
ou que ses subordonnés ont commis ces crimes graves, et qu’ils n’ont pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour les punir.
Ainsi, à l’instar de Jean-Pierre Bemba, Alassane Ouattara, Guillaume Soro et Laurent Gbagbo
1. savaient que les forces qui relevaient de leur autorité étaient en train de commettre ou allaient commettre des crimes ;
2. n’ont pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher ou mettre fin à l’exécution de ces crimes par les forces qui étaient sous leurs ordres.
Laurent Gbagbo a, bien entendu, aggravé son cas en distribuant des armes aux « patriotes », tandis qu’Alassane Ouattara et Guillaume Soro n’ont pas montré une réelle détermination à mettre un terme aux crimes, règlements de comptes et autres tortures que les FRCI, sous leurs ordres, ont continué à perpétrer après la défaite militaire du camp Gbagbo. Voici d’ailleurs ce que mentionnait en avril 2010 un rapport des Nations-Unies, cité par le webzine Slate au sujet de l’officier à qui Alassane Ouattara a confié la responsabilité de la zone où Laurent Gbagbo est en résidence surveillée : « Martin Kouakou Fofié, caporal-chef, commandant des Forces nouvelles pour le secteur de Korhogo, les forces sous son commandement se sont livrées au recrutement d’enfants soldats, à des enlèvements, à l’imposition du travail forcé, à des sévices sexuels sur les femmes, à des arrestations arbitraires et à des exécutions extrajudiciaires, en violation des conventions relatives aux droits de l’homme et du droit international humanitaire ; obstacle à l’action du GTI, de l’Onuci et des forces françaises et au processus de paix tel que défini par la résolution 1643 (2005). »
Botowamungu Kalome in afriquechos.ch
Tue, 31 May 2011 09:55:00 +0200
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