« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Côte d’Ivoire – « La démocratie chantée à volonté par les autorités dans les discours, reste bâillonnée dans les actes.
 »

Réaction de la Force Active de Côte d’Ivoire (FACI) relative à un projet de marche contre l’opposition.

Ce vendredi 18 Avril 2014, certains journaux de la presse nationale se sont fait L’écho d’une information selon laquelle la société civile projetterait une marche contre l’opposition. 

Avant tout propos, il convient de faire remarquer que l’usage du vocable société civile pour faire le relais de cette information et à la Une de surcroît est à notre avis quelque peu abusif et tendancieux, visant à corroborer une manipulation politicienne. D’autant plus que le projet visé est le fait d’une structure, une infime partie de la société civile ivoirienne.

Cela dit, les manifestations de rues, notamment les marches et sit-in, voies d’expression démocratique, droit reconnu au peuple par presque toutes les constitutions au monde est quasi inexistant en Côte d’Ivoire, particulièrement lorsque la manifestation vise à protester contre une décision du gouvernement.

Cette organisation de la société civile semble bénéficier de l’aval et de la caution des autorités parce qu’il s’agit d’organiser une marche contre l’opposition. Sans porter de jugement sur les raisons qui motivent cette manifestation, nous voudrions en revanche nous réjouir, parce que nous osons espérer que cette marche marquera le début d’une liberté de manifester pour toute autre organisation et pour toute revendication par la rue. 
Ce sera à notre avis, le début d’une relative avancée sur la voie de la démocratie même si nous sommes au regret de constater qu’elle est quelque peu tardive. Étant donné qu’en la matière, depuis trois ans, la démocratie chantée à volonté par les autorités dans les discours, reste bâillonnée dans les actes.
 Autrement, nous partagerons volontiers le sentiment selon lequel la Côte d’ivoire vit une démocratie sélective. 

C’est le lieu pour nous de rappeler aux organisateurs se réclamant de la société civile, puisqu’ils auront l’insigne honneur d’être les tous premiers à manifester librement peut-être même sur tapis rouge, de ne pas oublier que dans ce pays, pendant qu’à coup de renfort médiatique on fait croire que tout est rose, des milliers d’Ivoiriens ont été licenciés par les autorités. Que d’autres milliers de jeunes ivoiriens admis à des concours ont été empêchés d’entrer à la fonction publique. Tout ce monde est au chômage forcé, remplacés par d’autres. Après plusieurs interpellations et démarches infructueuses en vue de la réparation de cette injustice, nous sommes aujourd’hui contraints de dire que ce qui s’apparente à un crime a été orchestré juste pour payer une prime de guerre à des partisans et activistes des tenants du pouvoir.
Nous voulons également les prier de ne pas fermer les yeux sur la cherté de la vie. L’eau et l’électricité ont augmenté sans aucun préavis. L’abonnement est encore à la portée de quelques privilégiés.
Nos établissements sanitaires sont pratiquement devenus des mouroirs. 
Dans l’ouest, des ressortissants de pays limitrophes du nord de la Côte d’Ivoire exproprient de force nos parents de leurs terres, forêts et plantations en toute impunité et au su des autorités. Ils n’hésitent pas à recourir aux armes et brûlent même des villages qui tentent de résister. Le dernier village à en faire les frais récemment est le village de BOHIWE dans la Département de BIANKOUMA. Des actes ignobles et révoltants dont les autorités se rendent complices voire coupables par leur silence.
Actuellement, un manège est en cours pour jeter à la rue plus de 3000 militaires revenus d’exil pour se mettre au service de la nation.
Voici autant d’injustices et de déboires d’un peuple abusé et désillusionné pour lesquels nous brûlons aussi d’envie de marcher et de battre le pavé. Nous espérons que leur marche nous ouvrira à tous la voie de nous exprimer librement. Nous en avons véritablement soif. 

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et nous garde.



Pour la Force Active de Côte d’Ivoire (FACI)



Le président
Patrick SAHI LOUA

Tue, 22 Apr 2014 03:06:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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