« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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CÔTE D’IVOIRE – La double imposture

Alassane Dramane Ouattara et son régime se sont réveillés ce matin avec une incroyable gueule de bois. Car hier, en dépit des chiffres truqués par ses obligés de la CEI, il n’a en effet pu faire mieux que 42% de taux de participation à ce référendum de malheur qu’il a cru bon d’organiser. A titre de comparaison, il fait ainsi largement moins que la constitution de 2000 qu’il combattait et qui était devenue, depuis de longues années, son exutoire favori.
On ne peut donc s’empêcher de repenser à ce que disait Laurent Gbagbo en visite au Cameroun, au début de son mandat. Utilisant l’image d’un prêtre qui affichait la même mauvaise humeur dans ses différents lieux d’affectation, le président ivoirien avait retourné leur question aux journalistes qui croyaient qu’on créait des problèmes au président du RDR. Comme l’évêque du prêtre jamais content, Laurent Gbagbo s’était demandé si plutôt que d’accuser la Côte d’Ivoire et ses autorités, il n’aurait pas été plus judicieux de se demander si Alassane Dramane Ouattara n’est pas le problème en Côte d’Ivoire.
Nous y voilà, en effet, sur le fond des preregrinations ivoiriennes puisque le bilan de l’arrivée de cet homme en politique, lui, se passe de tout commentaire. Manipulant tout et mentant à volonté, Alassane Dramane Ouattara avait en effet pointé la disqualification collective des musulmans, qui auraient été interdits de présidence en Côte d’Ivoire. On en connait les succès. On l’a également vu surfer sur l’ivoirite et sur le travail de prétendus enfants esclaves qui mirent alors le pays sur le banc des accusés du monde. Bref, tout fut prétendument fait contre Alassane Dramane Ouattara dans notre pays au point qu’il a fallu déjà une rébellion, en 2002, pour que son bon droit soit reconnu et, plus tard, une crise postélectorale inédite qui a provoqué la mort de 16000 personnes, selon la Cdvr, pour préparer son arrivée au pouvoir le 11 avril 2011, de grande tristesse.
Le changement de la constitution de 2000 était, pour ainsi dire, la dernière étape d’une personnalisation absolue du pouvoir par lui. Et cela, pour le service son clan.
C’est cette imposture là qui vient d’être dénoncée, si tant est qu’on l’ignorait vraiment. En résistant à cette constitution de malheur, en dépit de la soldatesque qui n’hésite pas à réprimer et à tuer, les Ivoiriens n’ont pas seulement vaincu la peur. Ils viennent de dire que ce n’est pas la constitution qui est le problème en Côte d’Ivoire mais bien Alassane Dramane Ouattara lui-même.
Ceci dit, l’autre imposture serait de ne pas retirer cette constitution afin de permettre à monsieur Ouattara de nommer un illégitime vice-président de la République, un illégitime Sénat et de s’accaparer, de manière illégitime, nos terres sur la foi d’une illégitime constitution. C’est cette prochaine bataille que les Ivoiriens doivent gagner en se montrant résolus contre cette double imposture Ouattara.

Joseph Titi

Wed, 02 Nov 2016 10:02:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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