« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Côte d’Ivoire : La fin de l’arrogance

C’est l’hôpital qui se moque de la charité. En parcourant quelques pages sur les réseaux sociaux, j’ai pu lire la sortie de la ministre Anne Ouloto qui assure, devant des élites de sa région, que le Front du refus n’a rien d’autre à proposer que la violence. Au-delà de la simple diabolisation politique, à peu près normale, l’on doit faire le constat selon lequel les hiérarques du RDR parlent de plus en plus de violence, non pas pour reconnaître officiellement qu’elle a été introduite en politique par eux, mais pour en stigmatiser le principe contre ceux qui l’utiliseraient aujourd’hui. Comme les temps changent ! Et comme est bonne l’amnésie, surtout quand elle est obstinément voulue et entretenue !
C’est, à coup sûr, la seule explication possible qu’on peut donner à cette faconde entretenue par des violents, eux-mêmes impénitents, qui semblent aujourd’hui terrifiés par le souvenir des horreurs qu’ils ont fait vivre, depuis plus de 5 ans, aux Ivoiriens.
Sinon, à l’instar de ses amis, Anne Ouloto ne peut parler de violence sans mettre en colère ceux dont elle a détruit maisons et biens, en un mot la vie. A moins que, pour elle, la violence ne soit réellement illégitime que lorsqu’elle est portée par d’autres intérêts !
En tout cas dans toute lutte, même les plus acharnées, il y a un minimum de valeurs à sauvegarder. La guerre est en effet un art. Par exemple, on ne tue pas le chef de but en blanc. Parce qu’il faut avant tout maintenir le pont avec sa communauté et éviter ainsi que sa disparition ne radicalise et offre le pouvoir aux plus incontrôlables.
Ce postulat résume d’ailleurs, à lui seul, l’histoire de l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne. Le prix de la défaite imposée à l’Allemagne après la première guerre mondiale perdue, ainsi que son exécution dans des conditions d’extrême humiliation, a en effet fait le lit de la prise du pouvoir par Hitler.
Chez nous, Alassane Dramane Ouattara a cru bon de harceler, depuis plus de cinq ans, les pro-Gbagbo, persuadé qu’il anéantirait ainsi chez eux toute velléité de révolte. Mais voilà, ce temps est passé. Alors, que penser des gérémiades de dame Ouloto, baptisée à juste titre Bulldozer par les Ivoiriens ? Rien, en effet. Absolument rien.

Joseph Titi

Thu, 03 Nov 2016 14:05:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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