Vives altercations
Quand l’opération de salubrité publique a démarré, de vives altercations avaient éclaté entre les jeunes « blackistes », comme on les appelle à Abidjan, et les FRCI. L’un d’entre eux, Laurent Adji, raconte : « Les autorités voulaient que nous quittions carrément les lieux. Pour nous, cela signifiait le chômage. De même, les FRCI ont usé de violences inutiles. Mais nous nous sommes compris : en fin de compte, les autorités ont expliqué que ce n’était pas un déguerpissement, mais l’ouverture des voies du marché pour plus de sécurité », poursuit ce revendeur de téléphones portables « Chinetoc » (contrefaçon fabriquée en Chine), qui est aussi étudiant à l’université de Cocody (Abidjan), fermée depuis la chute de Laurent Gbagbo, le 11 avril.
En fait, les « blackistes » craignaient que la réorganisation du marché ne détruise le mythe du « black market », à l’instar de ce qui s’est passé avec la « Rue Princesse », aujourd’hui rasée et assainie. Mais ils admettent qu’ils s’étaient en partie trompés car « depuis que les voies sont dégagées et que les FRCI font souvent des rondes, il y a moins d’agressions et les petits dealers qui salissaient la réputation du marché commencent à déguerpir des lieux », explique Laurent.
Les affaires au rendez-vous
Le « black market » d’Adjamé ne fait plus (trop) peur. Un sentiment de sécurité partagé par la plupart des habitués du marché qui se déplacent plus aisément dans le quartier. Tt les commerçants réguliers qui vendent leurs marchandises (appareils électroménagers, vêtements, étoffes, etc.) se frottent eux aussi les mains car les affaires sont au redez-vous.
Quand les FRCI ne sont pas là pour dissuader d’éventuels voyous, les vigiles aux muscles saillants et au regard grave de la société de gardiennage « Black Tiger », dont le siège est dans l’enceinte du « black market », sont prêts à s’occuper des fauteurs de troubles. Progressivement, le marché émerge à la lumière. Mais ce n’est pas la première fois que les autorités tentent d’y mettre bon ordre. La question est de savoir combien de temps cela va durer…
Par André Silver Konan, à Abidjan in Jeuneafrique.com
Fri, 18 Nov 2011 18:34:00 +0100
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