« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire : Le PDCI rattrapé par la violence du RDR qu’il feignait de ne pas voir

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l’UDPCI en veillant à ce qu’il n’obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental Yves N’dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l’entrée de la mairie de Bonon. « Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n’en sait pas plus, à part que c’est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n’est pas à son premier effroi. Il s’était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d’une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés. Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C’est lui qui avait organisé la bastonnade de l’Ambassadeur Gnamien Yao qui s’était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d’obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI à qui KKB veut désormais arracher à Henri Konan Bédié l’organisation d’un congrès. La violence fait partie l’environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu’il l’instrumentalise, soit parce qu’il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d’Ivoire lui-même ne s’en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu’elle visait les étudiants qu’on prend grosso modo pour les gbagboïstes. La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s’étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo. Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu’on ait attaqué son siège. Mais depuis qu’Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d’Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d’un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d’ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes de nomination qu’il pourrait s’offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d’un congrès du parti. La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s’est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu’il voulait. Ainsi, la ville d’Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d’y voler l’allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n’est pas de la partie. C’est justement pour ne plus servir d’échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne. Le parti d’Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n’a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de sa déportation à la CPI, analyse ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d’abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa une pour dénoncer l’agression du président du PDCI. Mais cette violence n’est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l’escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit invisible ? N’est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l’hôtel Ivoire ?

Jeanne Tétiahonon in Aujourd’hui

Sun, 26 Feb 2012 21:31:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.