Dans une interview accordée la semaine dernière à notre confrère RFI, Henri Konan Bédié, président du PDCI/RDA, laissait entendre : « Nous irons aux élections en rangs séparés et non en rangs opposés ». On n’aurait rien à redire sur cette déclaration, somme toute sibylline, si en réaction, le secrétaire général par intérim du RDR, Amadou Soumahoro, n’y avait rétorqué en ces termes : « Les partis membres de la Coalition n’iront pas aux législatives en désordre » ; une façon de recadrer l’homme court de Daoukro ?
Pire, un autre relent « de malaise interne » est venu conforter le soupçon de tous ceux qui pensent que la discorde est entrée dans la maison par portes et fenêtres :
Lors de la rencontre du directoire du RHDP tenu jeudi dernier à Abidjan, les participants ont tous opté, à l’égard de la presse, l’omerta, cette loi du silence qui régit tout ce qui n’est ni bon ni beau à divulguer. Alors, que peut bien signifier ce mutisme de la part de gens qui affectionnent d’ordinaire la caméra et le micro ? Du côté des ténors, ce refus de communiquer serait la preuve qu’il n’y a pas de désaccord dans la famille. Un silence bruyant, c’est le cas de le dire, qui en dit long sur l’état de l’union sacrée et vertueuse entre le RDR et le PDCI/RDA, les deux poids lourds du RHDP.
Alors, les législatives à venir auront-elles raison du mariage de raison entre ces partis, dont certains chefs ont été des ennemis intimes dans un passé récent ? Le FPI, l’adversaire politique commun, aujourd’hui à terre, les coalisés vont-ils briser l’union sacrée et par-dessus tout vertueuse qui a permis de battre Laurent Gbagbo au second tour ?
En tout cas c’est toujours plus facile de conquérir le pouvoir ensemble que de le gérer à plusieurs. Tant qu’il s’agit d’une présidentielle, les alliances sont relativement moins difficiles à sceller. Car même s’il n’y a qu’un seul fauteuil à pourvoir, gros et alléchant reste le gâteau de la victoire à partager. Mais concernant les législatives ou les locales, la donne change : les friandises en compétition sont certes nombreuses mais de moindre importance au point qu’il faille jouer du coude pour obtenir de quoi se mettre sous la dent.
Pour le cas présent de la Côte d’Ivoire, où il n’y a plus rien en face, pour reprendre une expression actuellement en vogue sur les bords de la lagune Ebrié, tôt ou tard, la rivalité politique se jouera à domicile. Particulièrement entre les deux principaux clans : le PDCI/RDA, qui a fini par faire le deuil du poste de Premier ministre promis par Alassane Ouattara, et le RDR.
Comme quoi, c’est toujours bon d’avoir un adversaire de taille en face pour jouer le rôle de punching-ball commun à l’extérieur.
Alain Saint Robespierre — L’Observateur Paalga
Mon, 26 Sep 2011 00:14:00 +0200
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