L’audience le concernant, qui s’est déroulée le mercredi 9 octobre, est venue convaincre plus d’un de sa très grande popularité. Si les Ivoiriens ont jubilé à travers tout le pays parce qu’ils ont pensé qu’il venait d’être libéré, cela veut dire qu’il compte toujours dans son pays et que personne ne peut le remplacer dans le cœur des Ivoiriens. Celui qu’on tente de présenter comme un sanguinaire et un antidémocrate demeure l’homme le plus populaire de son pays.
Les Ivoiriens, dans leur grande majorité, avaient les oreilles tendues vers la Cpi, ainsi que leurs regards.
De leur campement, des villages et des villes, les Ivoiriens étaient tous attentivement à l’écoute de La Haye pour connaître l’issue de cette audience. Non avec l’envie de le voir périr en prison. Mais plutôt avec tout l’espoir de le voir enfin libre. «Laurent Gbagbo sera libéré. Dieu est grand, il reviendra dans son pays». Telle est toujours la prophétie des Ivoiriens depuis sa déportation à La Haye.
Le jour-même de l’audience, le téléphone n’a pas arrêté de crépiter. Les coups de fil pleuvaient et venaient des 4 coins du pays. De leurs services, des plantations, depuis leurs campements, villages et villes, les Ivoiriens appelaient pour savoir comment se déroulait l’audience. Toutes les chaînes de télévision ont été visitées et revisitées. Tout étant brouillé, les Ivoiriens n’ont pas perdu espoir. Ils ont mis à contribution leur téléphone pour que les uns et les autres les situent sur l’audience de Gbagbo. Ayant foi qu’il sera libéré, ils n’ont pas attendu longtemps pour prendre la rue pour chanter et danser. Les Ivoiriens ont jubilé quand des rumeurs ont prétendu que Gbagbo avait été libéré. L’information est-elle vraie ? Peu importe ! Sa libération est la chose la plus souhaitée par le peuple ivoirien. Qui voit en Gbagbo son meilleur allié. «Tu entends ce bruit ? Les gens sont dans la rue en train de danser parce qu’ils disent que Gbagbo est libéré». C’est le contenu des échanges téléphoniques avec des interlocuteurs se trouvant à Gagnoa. Toute la journée du 9 octobre, les téléphones étaient sous une forte pression. Chaque Ivoirien voulait avoir les nouvelles de Laurent Gbagbo. D’Oumé, Buyo, Korhogo, Issia, Tabou, Aboisso, Abengourou, Odienné, Man, Facobly, Séguéla jusqu’à Bouaké…, c’était une pluie de coups de fil. Tout le pays profond était attentif. Ceux qui émettaient les appels téléphoniques ne maudissaient pas Gbagbo. Ils ne disaient pas de méchancetés à son égard. Ils exprimaient tous des pensées positives à son endroit. Ils voulaient le voir enfin libre de ses mouvements. Ils voulaient le voir sortir des liens de la Cpi pour regagner sa Côte d’Ivoire natale. Sa libération sera un véritable soulagement pour le peuple.
Le vif intérêt des Ivoiriens pour Laurent Gbagbo n’a pas varié depuis sa première comparution à la Cpi jusqu’à ce mercredi.
On comprend, dès lors, que la souffrance qu’on a voulu lui infliger en le jetant en prison est une souffrance partagée par toute la Côte d’Ivoire. Autant ses partisans souffrent de le voir en détention, autant ceux qui le méprisent et lui souhaitent le pire souffrent. Parce que son absence les empêche de vivre tranquilles. Ses bourreaux comprennent qu’ils se sont lourdement trompés. Ils comprennent que le chouchou du peuple, c’est bien Gbagbo.
Benjamin Koré in Notre Voie