« L’inculpation de certains journalistes est scandaleuse », selon Guillaume Gbato, le secrétaire général du Syndicat national de la presse privée de Côte d’Ivoire (Synappci), réagissant après mise en accusation, ce week-end, par la justice ivoirienne de quinze personnalités proches de Laurent Gbagbo.
Vendredi dernier, le parquet du Plateau (Abidjan) a inculpé quinze personnalités du camp Gbagbo et placé celles-ci « sous mandat de dépôt », selon le procureur de la République Simplice Kouadio Koffi. Parmi eux, deux journalistes et un cameraman, ainsi que Simone Hué Lou, directrice générale adjointe de la Refondation (société éditrice de Notre Voie, journal du parti de Gbagbo) et Franck Anderson Kouassi, ex-président du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA).
"Bandes armées"
Ces journalistes, ainsi que les autres personnalités proches de Laurent Gbagbo visées, sont mis en cause pour des « infractions contre l’autorité de l’État, atteinte à sa souveraineté, constitution de bandes armées, infractions contre les biens commises au préjudice de l’État et des institutions financières publiques ou privées », précise le procureur de la République.
Les chefs d’accusations sont fantaisistes.
« Les chefs d’accusations sont fantaisistes et font croire qu’il n’y a pas eu d’enquêtes préliminaires sérieuses », s’emporte Guillaume Gbato.
« Peut-on me prouver qu’un simple journaliste comme Armand Bohui, qui représentait notre syndicat au sein du Conseil national de la presse [CNP, organe de régulation de la presse] a pu constituer une bande armée, ou qu’un cameraman de la RTI [Radiodiffusion télévision ivoirienne, média d’État] comme Germain Guézé, qui n’a fait que faire des films remis à la disposition de sa hiérarchie, est impliqué dans des détournements de fonds publics ou privés ? » s’interroge le secrétaire général du Synappci.
Mascarade
Guillaume Gbato précise, à propos de Norbert Gnahoua Zibrabi, ancien directeur de publication du journal pro-Gbagbo L’Œil du Peuple et ex-conseiller technique du président déchu, « [qu’] il ne gérait aucun fonds qui pouvait lui permettre d’être considéré comme un acteur majeur de la crise postélectorale ».
Gbato dénonce ainsi une « mascarade » et déclare que « ces journalistes ont été inculpés pour la simple raison qu’ils se sont retrouvés à l’hôtel La Pergola [où sont en résidence surveillée, plusieurs personnalités du camp Gbagbo, depuis la chute de l’ex-chef d’État en avril dernier] pour se mettre en sécurité ou suivant les conseils de l’Onuci [Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, NDLR] ». « On cherche tout simplement des boucs-émissaires à emprisonner », conclut-il.
Jeuneafrique.com
Tue, 28 Jun 2011 16:54:00 +0200
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