De fortes craintes
Toutefois, ce ne sont pas seulement les maisons détruites, mais aussi des inquiétudes persistantes qui compliquent les retours, disent les personnes déplacées et les agences humanitaires. Nombre des personnes déplacées ont peur : elles craignent les représailles, les violences intercommunautaires, ainsi que les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
« S’ils nous forcent à partir, nous partirons », a dit M. Bah, qui a souligné que les conditions de vie sont très difficiles dans les camps pour les déplacés. « Mais nous préférerions trouver refuge au Liberia [plutôt que de rentrer chez nous], car la situation actuelle ne présage rien de bon pour pouvoir établir de bonnes relations avec les hommes armés », a-t-il dit.
Il est nécessaire que le gouvernement reconnaisse la légitimité de ces peurs, a indiqué Gaëlle Bausson, porte-parole d’Oxfam.
Le 26 octobre, les membres d’ONG et d’agences des Nations Unies participant à un nouveau groupe de travail sur la question du retour des personnes déplacées ont rencontré le Comité national de coordination de l’action humanitaire (CNCAH), afin d’essayer de s’accorder sur une stratégie et un calendrier de retour plus réalistes. Le groupe de travail a souligné la nécessité de maintenir ouverts certains des camps de PDI, de clarifier les raisons pour lesquelles certaines personnes déplacées montrent tant de réticence à retourner chez elles et de trouver des solutions de réinstallation plus viables pour certaines d’entre elles, selon l’OCHA.
Lorsque le gouvernement planifie des retours, il devrait commencer par les personnes qui souhaitent rentrer chez elles, a dit Mme Bausson. Les personnes qui sont prêtes à rentrer chez elles ou à se réinstaller et qui en sont capables, devraient recevoir un kit d’assistance de base, comprenant de l’argent pour payer leur déplacement, des produits alimentaires et des produits non alimentaires, des graines à semer, ainsi que du matériel de base pour l’eau et l’hygiène, a-t-elle ajouté.
« L’important, c’est qu’il n’y ait pas d’expulsions et d’incitations au retour », a-t-elle dit.
Plusieurs milliers d’Ivoiriens ont fui vers le Liberia lors du conflit post-électoral, mais certains commencent à rentrer chez eux : le HCR aurait aidé un premier groupe de personnes à se réinstaller dans un centre de transit situé à Toulépleu en Côte d’ Ivoire. La plupart d’entre eux se dirigeaient vers Bloléquin, Toulépleu, Duékoué et Guiglo (à l’ouest du pays) et ont indiqué être revenus pour le travail et l’école, ou pour participer aux élections qui se tiendront en décembre.
IRIN
Tue, 01 Nov 2011 09:46:00 +0100
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