Plus connus sous l’appellation de «dozos», les chasseurs traditionnels du nord de Côte d’Ivoire, ont pris une part plus ou moins active dans le dénouement de la crise post-électorale aux côtés des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Au moment où sonne l’heure de la réconciliation et de la sécurisation du territoire national, on s’active à restaurer, chacun de son côté, la paix et la quiétude à travers le dépôt volontaire des armes et autres munitions de tout genre. Ainsi, à l’initiative de la commission nationale de lutte contre la circulation et la prolifération illicite des armes légères et de petits calibres (ComNat-Alpc), une opération dite de dépôt volontaire d’armes est organisée sur toute l’étendue du territoire national pour freiner la circulation des armes. Dans le district autonome de Yamoussoukro où l’équipe du Commissaire Adjoussou a effectué récemment une visite en vue de répondre au calendrier de cette opération portant collecte des armes de guerre placée sous le con-
trôle et la supervision de l’Onuci, on a constaté une très forte mobilisation des «Dozos». Ces derniers, à l’instar de nombreux ex-combattants ont accepté de déposer
leurs armes contre la délivrance d’une carte dite de désarmement en vue d’être retenus par le programme de réinsertion sociale. Si les chasseurs Dozos, la semaine
dernière, ont bien voulu se débarrasser des armes de guerre et des munitions, ils ont poliment décliné la demande de la ComNat-Alpc d’abandonner les fusils de
chasse. «La majorité des déposants volontaires du jour étaient des Dozos, mais, ils ont refusé de se séparer des fusils de chasse en leur possession…» nous a confié une source proche de la Code travail. Ils ne sauraient, s’en débarrasser, sous aucun prétexte», a expliqué notre source. En clair, il n’est pas question pour les chasseurs traditionnels de rendre les fusils de calibre douze en leur possession. C’est qu’en général, les dozos, en plus d’être chasseurs, exercent en qualité de veilleurs de nuit,
en surveillant les habitations, les services et autres bâtiments administratifs. Pour certains, il n’est pas normal que les dozos disposent de ces armes, bien qu’il s’agisse de fusils de chasse. «Il faut collecter toutes sortes d’armes, sans exception, surtout en ce qui concerne les ex-combattants», se dit-on du côté de la société
civile. Dans la tradition, un chasseur ne va pas sans son arme, et le dozo, s’identifie par son accoutrement hors du commun mais aussi par son fusil de chasse en ban-
doulière.
Camille SIABA
(AYamoussoukro)
in Soir Info
Fri, 06 Apr 2012 17:02:00 +0200