Alors que le monde s’attend à une reprise des activités à Abidjan la capitale économique ivoirienne, les FRCI en font une zone d’effroi, du moins pour les populations civiles habitant des quartiers non acquis à la cause du nouveau chef de l’Etat. Pour justifier leurs exactions sur ces populations civiles ivoiriennes, le prétexte utilisé par les éléments des FRCI est immuable : rechercher des armes qui auraient été cachées par le régime Gbagbo. Le 8 juin 2011, aux environs de 16 h, une vingtaine de jeunes hommes d’un quartier de Cocody ont été enlevés à leurs familles par des éléments FRCI conduits par d’autres éléments FRCI chargés d’assurer la sécurité de ce quartier. Ces soldats détiennent une liste de nom de famille qui leurs permet de faire leurs arrestations. Les jeunes ont été amenés au commissariat du 30 ème arrondissement, situé à la riviera Attoban. Après plusieurs bastonnades, ils comprendront qu’on leur reproche de détenir des armes, la surprise est grande chez ces civils car ils n’avaient aucune arme sur eux au moment de leurs arrestations et leurs domiciles n’ont pas été fouillés avant qu’on ne les envoie dans ce lieu de torture.
Contre toute attente, ils passent la nuit au commissariat tous entassés dans une même cellule. Plus tard, ils apprennent qu’il faut payer pour être libérés. C’est aussi ce qui est dit aux parents qui viennent s’enquérir des nouvelles des jeunes hommes arrêtés. Le montant est fixé à 150 000 F CFA (plus de 300 dollars américains). La libération se fait de façon individuelle au rythme des paiements de cette rançon. Finalement, certains jeunes ont passé 5 jours avant que les parents déjà éprouvés financièrement aient réussi à réunir un pareil montant qui correspond à des salaires mensuelles dans ce pays. Il faut rappeler que ce quartier est habité majoritairement par des anciens militaires des forces de défense et de sécurité (FDS), l’armée régulière dissoute par Alassane Ouattara. Alors que dans les médias, les membres de cette force sont appelés à reprendre du service, sur le terrain, ils sont activement recherchés, torturés et parfois exécutés. Il est dit tout haut que l’heure est à la réconciliation en Côte d’Ivoire, mais en réalité, la chasse aux sorcières continue avec son cortège quotidien d’exactions. Un paradoxe en Côte d’Ivoire est que pour que les habitants de certains quartiers vivent en paix, il leur faut lever une cotisation afin de rémunérer des éléments FRCI qui les surveillent ! S’ils refusent, le quartier est alors visité par des éléments en armes qui le pillent sans vergogne.
pipelette.com
Wed, 15 Jun 2011 12:51:00 +0200
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