« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire : les législatives menacées par le FPI de Gbagbo

Le Front populaire ivoirien (FPI) est catégorique. Le président par intérim du parti de l’ex-dirigeant ivoirien Laurent Gbagbo, Sylvain Miaka Ouretto, a affirmé lors d’une interview accordée à l’agence de presse Reuters, parue ce jeudi, que son parti pourrait ne pas participer aux élections législatives du 11 décembre. Selon lui, aucune des conditions posées par la FPI aux autorités ivoiriennes n’a eu une suite favorable. Il conteste les listes électorales et exige que l’ex-parti au pouvoir soit représenté au sein de la commission électorale indépendante (CEI). « Nous sommes complètement pour les élections, mais il ne faut pas y aller juste pour légitimer un pouvoir », a-t-il expliqué. « Ils veulent avoir une assemblée de monopole, avec tout le monde disant "Oui, oui, oui" mais nous, nous n’entrons pas dans ce chemin. »

Sylvain Miaka Ouretto estime également que les conditions de sécurité actuelles en Côte d’Ivoire ne permettent pas la tenue d’un scrutin équitable. Selon lui, « l’insécurité, c’est grave. Il faut aller sur le terrain pour voir comment l’insécurité règne encore. Des hommes en armes régentent la vie dans les villages. Comment peut-on aller aux élections dans ces conditions ? »

Ses déclarations mettent à mal le processus de réconciliation entamé en Côte d’Ivoire. Au moins 3000 personnes ont péri lors des violences post-électorales de novembre 2010 qui ont opposé les partisans du président Alassane Ouattara à ceux de Laurent Gbagbo. L’ex-dirigeant ivoirien qui a refusé de céder le pouvoir au profit de son rival a été interpellé le 11 avril par les forces françaises Licornes et celles des casques bleus de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci).

« Une réconciliation de façade »

Le FPI exige la libération de Laurent Gbagbo détenu dans le nord du pays, à Korhogo. Il devrait être jugé pour « crimes économiques » en Côte d’Ivoire, a annoncé le mois dernier le président Ouattara. Il pourrait aussi être poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui a ouvert une enquête sur de possibles « crimes de guerre » commis lors de la guerre civile. Selon Sylvain Miaka Ouretto, le processus de réconciliation dont parle Alassane Ouattara n’est qu’« une façade ». « Leurs paroles sont encourageantes mais malheureusement leurs actes ne sont pas dans le même esprit. Ils pourchassent les partisans de Gbagbo hors du pays. Nous, nous voulons une réconciliation véritable ». Il a notamment dénoncé la partialité de la justice, soulignant qu’aucun partisan du camp du président Ouattara n’a à ce jour été arrêté ou inquiété.

Le président par intérim de l’ex-parti au pouvoir réclame aussi que l’enquête judiciaire prenne en compte la période de septembre 2002, où Laurent Gbagbo a été victime d’une tentative de coup d’Etat, qui a conduit à la partition du pays. La CPI a, pour sa part, précisé que ses investigations ne porteraient que sur la période récente, ayant suivi le scrutin de novembre 2010, et s’appuie pour cela sur une série de lois approuvées lors du processus de paix qui a abouti à la présidentielle. Une mesure jugée hypocrite par Sylvain Ouettoro qui ne mâche pas ses mots. Il estime en effet que « lors de la rébellion de 2002 et 2003, des atrocités et des crimes de sang ont été commis. Des officiers supérieurs ont été exécutés de sang-froid. »

afrik.com

Fri, 28 Oct 2011 00:19:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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