Sylvain Miaka Ouretto estime également que les conditions de sécurité actuelles en Côte d’Ivoire ne permettent pas la tenue d’un scrutin équitable. Selon lui, « l’insécurité, c’est grave. Il faut aller sur le terrain pour voir comment l’insécurité règne encore. Des hommes en armes régentent la vie dans les villages. Comment peut-on aller aux élections dans ces conditions ? »
Ses déclarations mettent à mal le processus de réconciliation entamé en Côte d’Ivoire. Au moins 3000 personnes ont péri lors des violences post-électorales de novembre 2010 qui ont opposé les partisans du président Alassane Ouattara à ceux de Laurent Gbagbo. L’ex-dirigeant ivoirien qui a refusé de céder le pouvoir au profit de son rival a été interpellé le 11 avril par les forces françaises Licornes et celles des casques bleus de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci).
« Une réconciliation de façade »
Le FPI exige la libération de Laurent Gbagbo détenu dans le nord du pays, à Korhogo. Il devrait être jugé pour « crimes économiques » en Côte d’Ivoire, a annoncé le mois dernier le président Ouattara. Il pourrait aussi être poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui a ouvert une enquête sur de possibles « crimes de guerre » commis lors de la guerre civile. Selon Sylvain Miaka Ouretto, le processus de réconciliation dont parle Alassane Ouattara n’est qu’« une façade ». « Leurs paroles sont encourageantes mais malheureusement leurs actes ne sont pas dans le même esprit. Ils pourchassent les partisans de Gbagbo hors du pays. Nous, nous voulons une réconciliation véritable ». Il a notamment dénoncé la partialité de la justice, soulignant qu’aucun partisan du camp du président Ouattara n’a à ce jour été arrêté ou inquiété.
Le président par intérim de l’ex-parti au pouvoir réclame aussi que l’enquête judiciaire prenne en compte la période de septembre 2002, où Laurent Gbagbo a été victime d’une tentative de coup d’Etat, qui a conduit à la partition du pays. La CPI a, pour sa part, précisé que ses investigations ne porteraient que sur la période récente, ayant suivi le scrutin de novembre 2010, et s’appuie pour cela sur une série de lois approuvées lors du processus de paix qui a abouti à la présidentielle. Une mesure jugée hypocrite par Sylvain Ouettoro qui ne mâche pas ses mots. Il estime en effet que « lors de la rébellion de 2002 et 2003, des atrocités et des crimes de sang ont été commis. Des officiers supérieurs ont été exécutés de sang-froid. »
afrik.com
Fri, 28 Oct 2011 00:19:00 +0200
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