IDENTIFIER LES COMMANDITAIRES DU COUP D’ETAT DE 1999
Un pays ne peut pas effacer son histoire. Le 24 décembre 1999, en Côte d’Ivoire, un coup d’État militaire renverse le président Henri Konan Bédié qui avait succédé six ans plus tôt à Félix Houphouët-Boigny, le père de l’indépendance. C’était la consternation dans le monde. Après quatre décennies de stabilité politique et de relative prospérité, la Côte d’Ivoire, présentée comme un modèle de développement pour les autres États du continent noir, sombrait dans le chaos. Les Ivoiriens ont droit à des réponses au sujet de certaines questions. Qui sont les auteurs du coup d’Etat de décembre 1999 en Côte d’Ivoire ? Qui l’a financé et pour quelles raisons ? A qui a-t-il profité ? Etait-il vraiment nécessaire ? Autant de questions que nombre d’Ivoiriens continuent de se poser et dont les réponses sont toujours attendues. Beaucoup de propos ont été tenus sans convaincre. Une vraie réconciliation doit aborder ces questions sans tabou. Les historiens aux idées sélectives doivent revoir leur copie.
IDENTIFIER LES VRAIS PERES DE LA REBELLION DE 2002
Tous les Ivoiriens savent qui était à la tête de la rébellion de 2002 en Côte d’Ivoire. C’est Soro Guillaume, puisqu’il l’a revendiqué. Mais ne soyons pas dupes. Faisons un peu d’histoire. Soro Guillaume, un jeune leader étudiant de 28 ans, originaire du nord mais catholique, rejoint en 2000 le camp d’Alassane Ouattara. Il monte en 2002, dans le nord du pays une armée de bric et de broc, les Forces nouvelles de Côte d’Ivoire, et attaque la Côte d’Ivoire. A ce moment, il avait 30 ans. L’armée française, présente sur place en vertu des accords de défense qui lient la France à la Côte d’Ivoire depuis l’indépendance, intervient et divise le pays en deux. Soro Guillaume et ses hommes occupent une part importante de la Côte d’Ivoire jusqu’aux accords de Ouagadougou. Ce que les Ivoiriens veulent avant de passer à une autre république, c’est de savoir qui sont les vrais pères de cette rébellion. Soro Guillaume n’avait pas les milliards nécessaires pour renverser Laurent Gbagbo. On ne va pas fermer les yeux sur cette vérité et promettre une hypothétique république.
IDENTIFIER LE VAINQUEUR DE L’ELECTION DE 2010
Les élections de 2010 ont créé la misère et la fracture sociale en Côte d’Ivoire. On le sait, les rebelles n’avaient pas désarmé et surtout le Président Nicolas Sarkozy et la diplomatie française d’alors, voulait le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir. Pour l’ex-président français, cette élection ne pouvait avoir qu’un seul résultat acceptable : la victoire d’Alassane Ouattara. On le sait aujourd’hui qu’il existait à l’Elysée et au Quai d’Orsay une véritable hystérie anti-Gbagbo. Après le premier tour, le second avait pour but de départager les deux finalistes : Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Le second tour se tient le 28 novembre 2010. La Commission électorale indépendante (CEI) n’arrive pas à se mettre d’accord sur les résultats à annoncer. Une bataille rangée au sein de la CEI culmine le 30 novembre quand un représentant du président Laurent Gbagbo arrache des mains du porte-parole de la CEI les résultats qu’il veut annoncer devant la presse. Ce dernier dénonçait ainsi les magouilles qui se déroulaient au sein de la CEI. C’est finalement le président de la CEI qui proclame les résultats provisoires, hors du délai de trois jours imparti par la loi électorale. L’annonce est faite à l’Hôtel du golf, le QG d’Alassane Ouattara. Alassane Ouattara est déclaré vainqueur avec une avance de 376 000 voix. Dans une telle configuration, les résultats sortis de l’Hôtel du golf manquent de crédibilité. Les Ivoiriens ne veulent pas d’une troisième république sans savoir qui est le véritable vainqueur de cette élection. Il le faut car, c’est à la suite de la crise postélectorale de 2010 que le pays est aujourd’hui au bord de l’implosion. Sans des réponses claires à ces questions, la troisième république sera une république clanique et moribonde.
PRAO YAO SERAPHIN
Wed, 26 Oct 2016 14:46:00 +0200
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