Sylvain Miaka Ouretto : Je ne sais pas si on peut parler de conditions. Mais beaucoup de nos cadres sont emprisonnés, d’autres sont en exil, nos militants sont régulièrement inquiétés et vivent dans l’insécurité permanente. C’est comme si on voulait détruire le FPI. Nous attendons un geste politique fort du président Ouattara. Le FPI veut participer à la recherche de la paix. L’idéal serait de mettre en place un cadre régulier de dialogue qui prenne en compte tous les problèmes du pays (sécurité des Ivoiriens, réconciliation, réforme de l’armée, questions foncières et migratoires, financement des partis, recomposition de la commission électorale…).
Le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) demande toujours que vous reconnaissiez la victoire électorale d’Alassane Ouattara ?
Cette demande n’a plus à être posée. Le pouvoir de Laurent Gbagbo est tombé le 11 avril 2011. À compter de cette date, la Côte d’Ivoire a eu un nouveau chef de l’État. Et le FPI a envoyé une délégation officielle, à laquelle je participais, à son investiture à Yamoussoukro en mai 2011. N’était-ce pas une manière de reconnaitre que la crise était derrière nous et que l’on s’inscrivait dans une dynamique de paix. Pourtant, on ne cesse de remettre sur le tapis cette question de la reconnaissance.
Y voyez-vous une volonté de vous faire renier Laurent Gbagbo ?
C’est notre père à tous au FPI. C’est le fondateur du parti et un exemple que nous ne renierons jamais. Il fait actuellement l’objet d’une procédure devant la Cour pénale internationale. Et il se défend. Quant à nous, nous sommes ouverts au dialogue et à jouer notre partition dans le cadre d’un processus de réconciliation. Mais il faut que le dialogue soit franc et sincère.
Quel doit être, selon vous, le bon cadre de discussion ?
Il faut le trouver. À partir de 2007, la Côte d‘Ivoire a fait des avancées sur le chemin de la paix dans le cadre de l’Accord politique de Ouagadougou, sous la houlette du facilitateur, Blaise Compaoré. Dans le cadre des réunions du Conseil permanant de concertation (CPC), les différents acteurs se retrouvaient pour régler les problèmes liés à la pacification et à la conduite des élections.
Cette structure n’a pas fini son travail, notamment sur la sécurisation et la réforme de l’armée. Elle n’est plus opérationnelle aujourd’hui. Récemment, le Premier ministre [Jeannot Kouadio-Ahoussou, NDLR] a proposé de mettre en place un cadre permanent de dialogue à l’issue d’un séminaire avec les acteurs politiques nationaux à Bassam. Le président Ouattara a aussi créé la Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR), une institution dont on peut se servir pour mener à bien le dialogue politique et la réconciliation.
Propos recueillis par Pascal Airault in Jeuneafrique.com
Tue, 18 Sep 2012 19:44:00 +0200
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