Une comédie qui s’étend aussi à certains acteurs de la crise ivoirienne. Soro Guillaume, Sarkozy, Ouattara, Konan Bédié…, sont, à défaut de faire machine arrière, dans une dynamique de comédie. Dans cette crise ivoirienne, depuis ses origines, lorsqu’on s’y penche sereinement, on y découvre forcément le complot que ces personnes pré-citées et bien d’autres encore, ont activement préparé. Même si ces derniers tentent aujourd’hui de berner le monde entier en se comportant en véritables comédiens sur la scène politique. On y découvre comment Laurent Gbagbo, président démocratiquement élu est victime d’un coup d’état international ourdi par la France et dont le pion essentiel n’est rien d’autre qu’Alassane Ouattara, pur produit des impérialistes issu du FMI. De Sarkozy à Ouattara, en passant par Soro et Konan Bédié du PDCI, chacun joue sa partition pour offrir aux ivoiriens et au reste du monde, un lamentable spectacle de bonne conscience, auquel adhère malheureusement certains esprits trop simples. Une comédie où chacun attend le moment propice pour être le premier à planter le couteau dans le dos de son ami. Au plan national, la guerre souterraine, qui couve, au-delà des apparences de bonne entente, entre le RDR de Ouattara et les Forces Nouvelles de Soro où chacun tente de rester seul maître du terrain, en dit long. De même, un certain Konan Bédié et son parti politique le PDCI ont aussi accepté d’en être les acteurs, moyennant des postes ministériels dont celui de premier ministre. Mais comme toute comédie dénuée d’inspiration, la mayonnaise a tardé à prendre et le pot aux roses a fini par être découvert par une certaine jeunesse excédée et certains cadres du parti, préférant rester dans l’anonymat. Le (presque) octogénaire Konan Bédié se sait pourtant assis sur des braises. A voir le PDCI, ce parti cinquantenaire, inféodé au RDR de Ouattara, on en perd presque son latin ! Et l’on se demande bien si ce parti a encore, comme tout parti politique digne de ce nom, l’ambition légitime de diriger ce pays !
Mais le maître d’œuvre de cette comédie, reste incontestablement la France de Sarkozy. Nous gardons encore en mémoire, la récente visite d’état d’Alassane Ouattara en France, avec tout le tintamarre mis en œuvre. Observez-bien le sourire de Sarkozy qui semble dire : « Voyez, c’est Alassane Ouattara mon filleul, que j’ai placé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Voyez, lui au moins n’est pas populiste, ni souverainiste ou encore panafricaniste. Il est très doux et obéissant. Voyez-le, il applique à la lettre tout ce que je lui dicte. Voyez, n’ai-je pas bien fait d’intervenir en Côte d’Ivoire ? ». Et les deux compères (Ouattara et Sarkozy), devant caméras et flashes d’appareils photos, tout sourire, font bien semblant d’oublier tous ces milliers d’ivoiriens exilés, prisonniers politiques et militaires qui se meurent dans leurs prisons nauséabondes. Toutes ces populations ivoiriennes actuellement victimes de la barbarie des chiens de guerre rebelles et soumis à la politique de ‘’rattrapage’’ ethnique et religieux de Ouattara.
Comédie, tout n’est que comédie et mise en scène. Certes elle ne résistera pas longtemps aux vraies réalités du terrain. Il s’agit de l’impérieuse nécessité, pour tout pouvoir qui se respecte, d’appliquer la démocratie et d’instaurer impérativement l’Etat de droit. En Côte d’Ivoire, il s’agit pour Ouattara de se défaire de tous ses chefs de guerre et de leur mentor Soro, dont les mains sont remplies de sang. De se rendre à l’évidence qu’ « un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peuple ». D’initier sans délai et vu l’urgence le « dialogue national sur les réformes nécessaires à la consolidation de la paix et de la sécurité ». Que les alliances sont faites pour être défaites, car le RHDP est mort, bel et bien mort. Il n’existe de nom que par le seul fait de Konan Bédié et Ouattara.
Alassane Ouattara, Nicolas Sarkozy, Soro Guillaume et Konan Bédié, ont choisi de jouer la comédie, au détriment de l’intérêt supérieur de la nation ivoirienne.
Alassane Ouattara a décidé de faire le pitre. Son projet de société devenu caduque, il se calfeutre désormais dans des actions de reconnaissance tous azimuts envers les Etats-Unis et la France, en liquidant la Côte d’Ivoire. Un jeu de scène où toutes ses répliques n’ont de valeur que le mensonge. « Ne donne pas ta voix au chômage », disait une de ses affiches lors de la campagne présidentielle. Aujourd’hui, les chiffres sont là et parlent d’eux-mêmes : 1200 agents, soit près du tiers du personnel de la Sotra (société de transport abidjanais), jetés à la rue. Une nouvelle qui intervient après l’annonce du licenciement de 120 personnes au Port autonome d’Abidjan, et la mise à l’écart de 322 employés à la Radio télévision ivoirienne (RTI), une autre structure parapublique.
Dans la crise ivoirienne, au-delà donc de cette triste comédie, se trouve forcément la réalité implacable que l’on refuse d’accepter. Cette réalité est là, depuis le début. De la bouche de Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle française, on peut entendre : «La politique qui a été appliquée en Côte d’Ivoire est une politique impériale. (…) Il a été aussitôt organisé contre Laurent Gbagbo une sorte de pression internationale car son régime déplaisait, (…) beaucoup à la droite internationale. Qui depuis des années manipulait leur marionnette, M. Ouattara. (…) Car c’est un homme qui a été en quelque sorte introduit par les instances internationales, et notamment par les Nord-Américains et les Français depuis de très nombreuses années. Et c’est cet homme a fomenté toutes sortes de complots, a épousé toutes sortes de rébellions absolument insupportables comme celle qui est venue du Nord du pays où se sont pratiquées les plus grosses fraudes électorales ».
Dès lors, il revient aux ivoiriens, lassés et exaspérés par cette comédie, de prendre leurs responsabilités devant l’histoire. Car celui qui accepte de se laisser mener dans l’illusion et le mensonge, finit toujours par être rattrapé par l’impitoyable réalité de la vie. Et cette dure réalité serait pour une Côte d’Ivoire (re)colonisée, de se retrouver, du jour au lendemain, au rang des pays dont la situation chaotique est bien pire que celle des pays dits « pauvres très endettés ».
Marc Micael
Wed, 08 Feb 2012 22:47:00 +0100
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.