La population ivoirienne est dynamique et ne cesse d’augmenter: environ 16 millions d’habitants en 2000, 18 millions en 2010 et, selon le 4è RGPH, 23 millions en 2014.
Mais tout se passe comme si des "méthodes contraceptives" étaient appliquées, d’une manière ou d’une autre, pour contrôler le nombre d’électeurs. Pour 3 millions de nouveaux inscrits attendus, la Commission électorale indépendante (CEI) n’a enrôlé, en un mois et demi, que 344.295 nouveaux réquérants, soit 11,47%.
Le corpus électoral pour les élections à venir dont la présidentielle d’octobre avoisine donc les 6,2 millions inscrits, dans la proximité du chiffre fatidique de 5 millions d’électeurs.
Depuis 2000, le compteur est, en effet, bloqué. En 2000 et 2010, la Côte d’Ivoire comptait respectivement 5.475.143 et 5.784.490 inscrits, soit 309.347 nouveaux électeurs en dix ans de rébellion armée et d’instabilité politique.
En 2015, malgré la naturalisation de tous les présumés apatrides, l’intégration dans la nationalité ivoiriennes de tous ceux qui en auraient été spoliés et toutes les projections optimistes, notre pays n’enregistre que 344.295 nouveaux réquérants.
Il ne faudra pas être surpris qu’au lieu de 6.128.785 inscrits (5.784.490 + 344.295), la liste électorale connaisse une cure d’amaigrissement. Car, au lendemain de la crise post-électorale, avec des milliers de morts, des emprisonnements et des privations des droits civiques, si la CEI effectue un vrai travail de nettoyage et d’actualisation du fichier électoral, de mauvaises surprises, dont une population électorale inférieure à celle des scrutins précédents, pourraient créer l’événement des prochaines consultations générales.
Ferro Bally