« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Côte d’Ivoire : retour sur la chute de Laurent Gbagbo

L’accusation a été portée une nouvelle par le secrétaire général de l’ex-parti présidentiel en Côte d’Ivoire dans un entretien accordé à l’APA ce 11 avril 2014. «Pour la France qui a assassiné la démocratie dans ce pays, les choses vont bien, mais pas pour la Côte d’Ivoire» a-t-il relevé. Dans ce texte, le Dr Augustin Gehoun a également dénoncé l’exclusion dont se serait rendu coupable le régime d’Alassane Dramane Ouattara. Une mise à l’écart qui cible particulièrement le FPI dans la plupart les lieux d’expression publics en Côte d’ivoire.
Si tous les points évoqués par M. Gehoun ne manquent pas d’intérêt, il importe de revenir sur les derniers moments de Gbagbo à la tête de l’État ivoirien. A-t-il réellement été poussé dehors par les forces militaires françaises ?

Trois ans plus tard, la polémique est toujours aussi vive. Mais au fil du temps, des éléments se sont accumulés pour corroborer la version des faits du camp de l’ancien président.

Gérard Longuet, ministre de la défense français à l’époque des faits a reconnu lors d’une conférence de presse à Paris que «l’objectif (fixé) par la communauté internationale était de faire en sorte que le président élu puisse présider». Pour ce faire, les forces Onusiennes en Côte d’Ivoire accompagnées par les troupes françaises de la Cornes Licornes ont accentué la pression sur le régime dès les premiers jours d’avril 2011. Un soutien aux forces d’Alassane Ouattara qui leur a permis de conquérir plusieurs villes ivoiriennes en quelques jours et d’assiéger Abidjan.

On se souvient encore de la dernière interview publique que le président ivoirien déchu a lui-même donné à la télé française le 09 avril 2011. C’est sur les antennes de LCI qu’il dit au monde que la France est ouvertement entrée en guerre contre les forces loyalistes d’alors.

« Hier lundi, la France est rentrée directement en guerre contre nous. Avant cela, elle était en guerre contre nous mais de façon indirecte. Elle transportait les troupes rebelles d’un point à un autre. Elle les armait. Elle leur donnait des munitions. Mais hier, c’était vraiment la seule fois où la France est rentrée directement en guerre. Toutes les sources à munition de l’armée d’Abidjan, ont été bombardées. Le palais de la présidence a été bombardé. La résidence du Chef de l’État a été bombardée pendant que je m’y trouvais. La télévision nationale a été vraiment détruite. La radio aussi, etc.»

Le jour de la chute, les Français n’ont pas formellement nié leur implication militaire dans la crise. Cependant selon le ministre français de la défense de l’époque, ce ne sont pas les troupes sous commandement français qui sont allés capturer la famille Gbagbo dans son bunker de Cocody. Une version infirmée par certains éléments des Forces nouvelles interrogés par des journalistes français qui sont allés constater la chute du régime Gbagbo. Les Français auraient mis la main sur le président avant de le remettre aux Forces nouvelles.
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Mon, 14 Apr 2014 22:21:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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