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Côte d’Ivoire : retour sur la chute de Wattao, le plus « bling-bling » des ex-com-zones Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Côte d’Ivoire | Côte d’Ivoire : retour sur la chute de Wattao, le plus « bling-bling » des ex-com-zones

Victime de lui-même, de son passé ou d’une lutte de pouvoir? L’événement militaire est devenu un mini-tremblement de terre politique. Carrure de colosse et dents du bonheur, Wattao, de son vrai nom Issiaka Ouattara, n’est pas n’importe qui: il est l’un des anciens leaders rebelles ayant porté Alassane Ouattara au pouvoir.

A l’instar des autres "com-zones" – ces commandants des Forces nouvelles (FN) qui contrôlaient le nord du pays depuis 2002 -, il avait pris le parti de l’actuel chef de l’Etat contre l’ex-président Laurent Gbagbo dans l’affrontement postélectoral de 2010-2011. Wattao, qui fut le maître de la riche région cacaoyère de Vavoua (centre-ouest) à la tête de la fameuse unité "Anaconda", était "le moins sanguinaire des ex-chefs de guerre", affirme à l’AFP un sociologue requérant l’anonymat.

Les "com-zones" sont accusés de nombreux crimes durant les cinq mois de crise qui firent quelque 3.200 morts dans le pays, dont plus de 700 imputés aux pro-Ouattara, selon des chiffres de la justice ivoirienne. Tous furent pourtant nommés par le nouveau régime à des postes-clés et aucun n’est inquiété par la justice, au grand dam de la société civile. "Ouattara, contrairement à ses déclarations publiques sur (la lutte contre) l’impunité, ne peut livrer un des ex-+com-zones+ à la justice internationale sans être menacé de déstabilisation" interne, explique un analyste sous couvert d’anonymat.

Fin juillet, Wattao, 47 ans, a été en tout cas déchu de son poste de commandant en second du Centre de commandement des opérations (CCDO), corps d’élite de 800 hommes, bien équipé et entraîné. Il est aussi dépossédé de sa charge de chef de la sécurité de la zone d’Abidjan-sud. Et s’il reste commandant en second de la Garde républicaine, le titre est d’abord honorifique: le patron de cet autre corps d’élite – Cherif Ousmane, un autre +com-zone+ – ne le laisse pas agir à sa guise, selon un spécialiste militaire.

Le gouvernement a cependant voulu banaliser l’événement. "Il ne s’agit ni d’une sanction, ni de fautes commises par lui, ni d’une humiliation de la part de sa hiérarchie" mais d’une simple "relève", a assuré le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi.

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Mon, 04 Aug 2014 01:44:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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