Le rôle des Forces spéciales françaises
Toujours selon la journaliste, une opération classée secret, ayant pour nom de code Restore Peace and Democracy, a été également planifiée à l’hôtel Sebroko, QG de l’ONU en Côte d’Ivoire, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début du mois de janvier 2011 entre Français et Américains sous l’égide des Nations unies.
Le 20 janvier 2011, l’Onuci a établi une grande plateforme logistique et militaire à Bouaké, des rotations quotidiennes étant effectuées entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l’ONU en Afrique, et la capitale de la rébellion. La descente des troupes pro-Ouattara du nord vers le sud du pays a débuté à la fin du mois de février, appuyée, selon Varenne, par les forces spéciales françaises. Dans l’après-midi du 2 avril, l’Élysée a convoqué un conseil de guerre. Y ont notamment participé l’amiral Guillaud, chef d’état-major des armées, le général Puga, chef d’état-major particulier de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, et Gérard Longuet, son collègue de la Défense. Le soir même, un régiment de légionnaires partait pour Abidjan, ainsi que plusieurs avions-cargos emmenant du matériel de guerre.
Le 4 avril, la France, aidée par l’ONU, a largué ses premières bombes. Les forces fidèles à Ouattara ont alors tenté à plusieurs reprises de prendre la résidence de Gbagbo. En vain… Jusqu’au bombardement du 11 avril, quand les dernières positions des militaires favorables à l’ancien président et stationnées près du bâtiment ont été mises en pièces. Les chars français sont alors entrés en action pour sécuriser l’accès de la résidence aux rebelles. La fin de l’histoire est connue.
Pascal Airault
Le GIGN est-il directement intervenu ?
Présent pour sécuriser la résidence de l’ambassadeur de France, voisine de celle de l’ex-chef de l’État ivoirien, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) est-il intervenu dans la capture de Gbagbo ? Oui, à en croire Leslie Varenne, qui affirme que le GIGN a fait sauter le mur de séparation souterrain reliant les deux villas, avant d’arrêter Gbagbo et son épouse. Les Français, eux, nient avoir pénétré à l’intérieur de l’enceinte présidentielle. Ils reconnaissent en revanche avoir ouvert la voie aux Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), allant jusqu’à faire sauter le portail de la résidence. Quant à savoir s’ils sont allés plus loin… Des personnes présentes dans le bunker ce jour-là disent ne pas avoir vu ou reconnu d’hommes du GIGN. Le mystère reste entier.
P.A.
In Jeuneafrique.com
Wed, 11 Apr 2012 11:01:00 +0200
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